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7 DENTS ECLAIRENT LA MIGRATION DES SINGES ENTRE LES AMERIQUES

Par Joël Ignasse Publié le 28-04-2016 à 08h00
Découvertes dans le canal de Panama et datées de 21 millions d’années, elles prouvent que les singes d’Amérique du Sud ont probablement gagné le continent nord américain bien plus tôt que prévu, à la nage car à l’époque l’isthme de Panama n’était pas formé.
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Dessin d'un capucin, un singe apparenté au panamacebus. Martin Moynihan, STRI

NOUVEAU MONDE. C’est lors de travaux pour l’élargissement du canal de Panama, dans la formation fossilifère de Las Cascadas, qu’ont été découvertes ces sept dents qui suggèrent que les platyrhiniens, ou singes du nouveau monde, occupaient cette zone beaucoup plus tôt que prévu. Elles datent en effet de 21 millions d’années et à l’époque l’isthme de Panama qui relie l’Amérique du Nord et du Sud n’était pas formé et une vaste bande d’eau de 160 kilomètres de large séparait l’Amérique du Sud et ce qui est aujourd’hui le Panama. Cette terre était par contre connectée à l’Amérique du Nord dont elle constituait la pointe et la majorité des fossiles de mammifères retrouvés à Las Cascadas ont des origines nord-américaines et ressemblent à ceux retrouvés au Texas, en Floride et au Mexique. Ce n’est pas le cas du singe à qui appartenaient les quenottes qui est apparenté aux capucins et aux singes écureuils dont les ancêtres ont colonisé l’Amérique du Sud il y a environ 34 à 37 millions d’années. C’est le premier singe à être remonté aussi haut si précocement et c’est le plus vieux mammifère connu à avoir voyagé d’Amérique du Sud en Amérique du Nord. La plupart s’étant aventuré dans ce périple bien plus tard, lorsqu’un pont de terre a relié les deux continents, il y a environ 3,5 millions d’années.

Des pros du rafting 

Le singe identifié appartient à une nouvelle espèce baptisée Panamacebus transitus. L’analyse des dents, publiée dans la revue Nature, révèle que c’était un primate de taille moyenne devant peser dans les trois kilos. Pour les chercheurs, il a traversé la bande de mer sur un radeau de végétation pour atteindre le Panama. C’est ce même mode de locomotion qu’avaient emprunté ses ancêtres pour franchir l’Atlantique et gagner l’Amérique du Sud depuis l’Afrique. Un voyage bien plus long. En revanche une fois arrivé au Panama, le Panamacebus ne s’est pas aventuré beaucoup plus loin au nord comme en témoigne l’absence de fossiles au Costa-Rica ou au Nicaragua. "Une fois arrivés au Panama quelque chose semble avoir agi comme une barrière" explique Aaron Wood, un des auteurs de la publication. L’explication pourrait être liée à la couverture végétale de ces régions. Au Panama, les analyses de paléo-pollens révèlent qu’à l’époque il y avait une forêt tropicale riche en arbres fruitiers et similaire à celle existante en Amérique du Sud. Un peu plus au nord, au-delà du Costa-Rica, la végétation change avec moins d’arbres fruitiers et plus d’espèces type chênes produisant des glands . "Ces singes étaient adaptés à la forêt Amérique du Sud. Et ils se sont arrêtés là où la forêt d’Amérique du Sud s’arrêtait" résume Aaronn Wood. "Un océan ne pouvait pas contrecarrer Panamacebus mais une forêt sans ses fruits préféré. Voilà qui stopperait n’importe quel singe !" conclut Alexandre Antonelli, biologiste évolutionniste.