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Revue de Presse : Après le Panama, le Nicaragua se fraye un canal – l’Humanité.fr le 27 février 2015.

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Infographie : Reuters

Les travaux de cette nouvelle voie interocéanique ont débuté en décembre 2014. Ses détracteurs dénoncent son impact humain et environnemental. Ses partisans font valoir les retombées économiques pour le pays d’Amérique centrale dans un contexte de bouleversements géostratégiques et commerciaux.

Un projet « pharaonique » et « désastreux pour l’environnement » , une « fausse entrée dans la prospérité » pour les populations qui seront déplacées de force, ou encore « une arnaque à sec ». Ce n’est là qu’un bref aperçu des charges parues dans les médias locaux et internationaux contre la construction du canal interocéanique au Nicaragua qui reliera l’Atlantique au Pacifique. Les actuels travaux d’élargissement du canal de Panama, pourtant incriminés par des mouvements écologistes qui dénoncent les rejets de déchets toxiques, n’ont pas souffert d’une telle presse. Ni d’autres projets de voies maritimes ou à sec d’ailleurs, prévus ou au point mort au Guatemala, au Mexique ou au Honduras. De multiples enjeux sont étroitement liés à ce nouveau corridor qui va métamorphoser ce pays d’Amérique centrale de 6 millions d’habitants, où 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Il transformera également les traditionnelles routes commerciales, notamment avec l’amplification du port de Mariel, à Cuba, financée entre autres par le Brésil.

C’est en juillet 2012 que le gouvernement du président sandiniste Daniel Ortega a approuvé la création du canal, un vieux rêve datant de 1833. Un retour en arrière s’impose. Toujours prompts à conserver leur assise dans la région et surtout leur tutelle sur le transit entre les deux océans, les États-Unis avaient, un temps, envisagé la construction d’un canal au Nicaragua avant de jeter leur dévolu sur le Panama, alors département de la Colombie, pour d’obscures raisons financières et autres pots-de-vin versés aux acteurs de premier plan de ce projet. Washington décide de financer des indépendantistes afin qu’ils fassent sécession et pour s’assurer ainsi leur hégémonie sur cet axe stratégique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les jugements les plus sévères quant au nouveau canal ont été exprimés par les autorités états-uniennes. « Les États-Unis voient bien sûr contrarié le monopole qu’ils exercent sur le canal de Panama depuis cent ans, car, même après la rétrocession de 1999, leurs sous-marins transitent par le canal, leurs navires commerciaux y ont priorité de passage et, surtout, une loi leur permet d’y intervenir militairement, s’ils sentent leurs intérêts en danger », explique André Maltais, dans un article pour Mondialisation.ca.

... Le tracé piétinera des zones naturelles protégées

et des territoires où vivent des communautés ...

En 2013, l’Assemblée nationale a octroyé une concession de cinquante ans renouvelables à l’entreprise chinoise Hong Kong Nicaragua Developement (HKND), immatriculée aux îles Caïmans, chargée de construire le canal long de 278 kilomètres et par lequel pourront transiter des cargos XXL, dépassant ainsi les capacités de celui de Panama. Le Nicaragua espère ainsi capter 5 % du commerce maritime international. Pour ce faire, l’investissement est colossal, de l’ordre de 40 à 50 milliards de dollars, soit plus de cinq fois le PIB national.

Revue Presse - Après le Panama le Nicaragua se fraye un canal - Actualité Vivre-au-panama.com (2)Le premier coup de pioche a eu lieu le 22 décembre 2014, du côté de Brito, sur la côte du Pacifique. La durée des travaux est estimée à cinq ans. Près de 105 kilomètres du tracé traverseront le lac du Nicaragua. C’est l’un des aspects les plus sensibles de l’ouvrage. Les critiques sont fondées. D’abord elles concernent l’opacité des études sur l’impact environnemental et humain puisque le tracé piétinera des zones naturelles protégées, des territoires où vivent des communautés. Les risques d’une pollution du lac, pourtant considéré comme la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale, inquiètent au plus haut point car, à l’heure actuelle, au moins deux Nicaraguayens sur trois ont recours à cette ressource naturelle.

Pour mémoire encore, l’extrême pauvreté se concentre dans les zones rurales où l’insécurité alimentaire persiste. Les manifestations de paysans et des populations locales ont été violemment réprimées.

L’opposition entre partisans et détracteurs est frontale. Les défenseurs du projet font valoir les retombées économiques dans le cadre d’une restructuration régionale où désormais la Chine, qui figure parmi les principaux investisseurs dans la région, entend développer le transit de ses marchandises. « C’est une œuvre d’une magnitude extraordinaire. Il est question de doubler le PIB de cette nation, de sortir de la pauvreté, d’élever les niveaux de qualification professionnelle et de développer l’unité régionale », fait valoir l’analyste nicaraguayen Aldo Diaz-Lacayo, à Prensa Latina. Rien que pour les œuvres, HKND a prévu l’embauche de 50 000 personnes. Près de 200 000 emplois indirects pourraient être également créés. Aux yeux de cet ancien diplomate, « le Nicaragua va devenir un centre géopolitique et géostratégique de la région ».

Source : l'Humanité.fr

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