Le PANAMA est le pays idéal pour votre "FUTURE NOUVELLE VIE" pour vous et votre famille.

Revue de Presse : Le BIOMUSEO Futur trait d’union de Panama – Par A NOUS CITIES, Hors Série N°03, Texte de Sonia DESPREZ.

Panama, capitale du pays du même nom, s’est parée en quelques années de tous les atours d’une grande ville moderne : gratte-ciel ambitieux, boutiques et hôtels luxueux, gastronomie raffinée, vie nocturne échevelée... Et, cerise sur le gâteau, un grand musée de la biodiversité construit par Franck GEHRY, qui ouvrira ses portes en 2013. Au-delà de son attrait touristique, ce projet symbolise bien les enjeux cruciaux que va devoir affronter la ville, et plus largement ce tout jeune pays extrêmement métissé.

Posé en bord de Pacifique, au sud de la ville, à quelques milles marins de l’entrée du canal de Panama, le BIOMUSEO est tout un symbole. Si Franck GEHRY a paré son bâtiment de couleurs si joyeusement tropicales, c’est sans doute parce que c’est le premier qu’il construit hors des Etats-Unis et de l’Europe, et dans un pays qui à l’évidence lui tient particulièrement à cœur : l’épouse du célèbre architecte américain est panaméenne. On peut d’ailleurs voir dans ce couple comme un reflet ou un symbole des liens (parfois ambigus) qui unissent les deux pays : région de la grande Colombie à partir de 1821, le Panama déclare son indépendance en 1903 avec l’aide des Américains.

Mais ces derniers imposent immédiatement leur souveraineté et deviennent les exploitants “à perpétuité” du canal, raccourci entre deux océans qui va révolutionner le commerce mondial. Après divers régimes, plus ou moins cautionnés par les Etats-Unis, et plus ou moins autoritaires (dont celui du tristement célèbre Manuel Noriega), l’actuelle république panaméenne se stabilise en 1989, par le biais, notamment, d’une nouvelle intervention américaine. Mais c’est seulement en 1999 que le pays récupère enfin l’exploitation du canal, laquelle, du fait de l’énorme source de revenus qu’elle représente, garantit son indépendance. D’une certaine manière, on peut donc dire que le Panama n’existe par lui-même que depuis une vingtaine d’années.

L’influence américaine a forcément laissé une empreinte durable, mais il ne s’agit là que d’une goutte d’eau dans l’océan des métissages locaux. « Panama, trait d’union entre deux continents et deux océans, a toujours été considéré comme un endroit de rencontres et de métissages hors du commun, observe Margot LOPEZ, médiatrice du Bio musée.

D’ailleurs, le génome le plus complexe à avoir jamais été étudié est panaméen. Il n’existe pas ce que l’on pourrait appeler une “race pure”, ici. » Une petite balade en ville a vite fait de lui donner raison : asiatiques, africaines, européennes, andines, toutes les influences et origines peuvent se retrouver dans un seul visage, et il est impossible d’établir un physique de Panaméen “typique”.

Une identité à définir

La jeunesse du pays et son exceptionnelle diversité humaine le confrontent à un grand défi : « Etre le produit d’autant d’ascendances crée une identité très complexe, difficile à définir, estime Margot LOPEZ. Ce n’est pas évident à vivre pour les Panaméens. C’est comme si nous n’avions pas notre place dans le monde, alors que nous sommes le produit du monde entier. » C’est surtout vrai pour la capitale. Dans la jungle panaméenne qui recouvre l’essentiel du territoire national, la population est clairsemée et pas ou peu métissée. L’urgence concerne donc les habitants de Panama, la ville : ils ont soif d’identité et de cohésion. Par la mission qu’il s’est donnée, le Bio musée propose de l’étancher.

L’histoire qu’il raconte est basée sur des recherches scientifiques menées depuis plus de cent ans, en parallèle des chantiers du canal, par la SMITHSONIAN, grande institution scientifique américaine. Les recherches ont abouti à une thèse ainsi résumée par Margot LOPEZ : « Il y a très longtemps, les deux

Amériques étaient séparées, l’Atlantique et le Pacifique formait un même océan. Il y a 3 millions d’années, en surgissant de la mer, l’isthme de Panama a bouleversé les courants marins, qui ont fait évoluer les climats, aboutissant aux conditions qui ont permis l’apparition de l’humanité sur terre. »

Sans compter les migrations rendues possibles depuis le nord du continent jusqu’à l’actuelle Amérique du Sud, qui contribuèrent à donner à ce “pont” panaméen, jusqu’à aujourd’hui, l’une des plus riches biodiversités au monde. Cette hypothèse, qui assimile donc l’apparition de l’isthme à la naissance de l’humanité, a même fait l’objet, dans les années 80, d’un article scientifique intitulé Nous sommes tous panaméens. Une théorie bienvenue pour un pays en mal d’identité, et que le musée expose à la façon d’un conte de fées scientifique (voir encadré), car « très peu de Panaméens sont au courant de leur propre histoire, de la richesse de celle-ci », conclut Margot LOPEZ.

" Très peu de panaméens sont au courant de leur propre histoire "

 Ateliers créatifs pour le grand public

Stefan PRONAO est un célèbre publicitaire panaméen. Il est par ailleurs très investi dans de nombreux projets culturels de la ville, et figure en bonne place au conseil de la Fondation AMADOR, qui gère le Bio-musée. Pour lui, au-delà de la question identitaire, le musée est une arme de choix dans un combat décisif pour la ville de Panama : « Je crois que nous sommes la capitale la moins violente d’Amérique centrale, et nous bénéficions d’une mentalité ouverte typique des villes côtières. Par la culture et l’éducation, je pense que l’on peut détourner la jeunesse de la drogue (le Panama est frontalier de la Colombie, où le problème se pose de façon particulièrement aiguë, ndlr). »

Encourager la culture

D’autres que lui œuvrent de la même manière : Olga SINCLAIR, peintre à la cote internationale, a créé une fondation qui fait découvrir la culture aux enfants défavorisés.

Robert BAUM, jeune leader d’un groupe de reggae local, Roba Morena, organise des émissions de téléréalité très suivies où les participants sont “lâchés” un week-end entier dans une réserve naturelle, découvrant ainsi la biodiversité de leur pays. Tous encouragent ardemment le projet du Bio-musée. « Pour l’instant, le gouvernement ne soutient pas les initiatives culturelles, explique Stefan PRONAO, il faut donc que chacun participe. »

Dans leur urgence à construire et renforcer l’identité panaméenne, on pourrait craindre de la part des supporters du Bio-musée un excès de fierté nationale. Mais Stefan PRONAO s’en défend : « Nous ne disons pas que nous sommes les meilleurs. Nous disons simplement ce que nous sommes ».

Parmi les habitants de la ville, et à l’image des réactions provoquées par le musée GUGGENHEIM de BILBAO (également dessiné par Frank GEHRY) en son temps, la perplexité est encore grande. « C’est laid et ça doit coûter très cher », s’inquiète Ricardo qui travaille comme guide en ville et ne mesure pas le potentiel touristique du Bio-musée. L’équipe de ce dernier, déjà très active, s’attache donc à éveiller l’intérêt des Panaméens.

Si le bâtiment lui-même n’ouvrira ses portes qu’en 2013, le public peut déjà en visiter le chantier, et aussi, dans un bâtiment annexe, participer à des visites virtuelles, des présentations de maquettes et de contenus, de nombreux ateliers créatifs (concours de cuisine, pour parler des produits locaux...), des programmes pour les écoles. Plus de 10 000 personnes se sont déjà rendues sur place à l’une de ces occasions, ou par simple curiosité.

Parmi les distingués visiteurs venus admirer le projet, on compte plusieurs politiciens du pays, mais aussi Brad PITT et Angelina JOLIE, ou encore AL GORE, grand défenseur de l’écologie mondiale.

Le Bio-musée représente tout un espoir : celui d’une ville qui, au-delà de son nouvel art de vivre international et de son important potentiel économique, cherche encore son âme culturelle. Il est un outil rêvé pour donner vie à la vision de Stefan PRONAO et de ses amis :

" Faire que Panama ne soit plus un lieu de passage, mais un véritable centre "

SOURCE : A NOUS CITIES HORS SERIE N°3