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DANIEL ORTEGA ASSURÉ DE DEMEURER PRÉSIDENT DU NICARAGUA …

L’ex-guerillero sandiniste brigue un troisième mandat consécutif. Sa femme doit devenir vice-présidente.

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A moins d'un accident, Daniel Ortega est assuré, dimanche, de remporter un troisième mandat présidentiel consécutif. « El Comandante », qui fête ses 71 ans le 11 novembre, a d'abord été président du Nicaragua de 1985 à 1990. Il revient en 2006 puis est réélu en 2011. L'ex-guerillero sandiniste est donné très largement favori, les derniers sondages le créditant de 69,8% des intentions de vote, sous la bannière du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), son principal opposant étant à 8 %. Avec, cette fois, son épouse comme co-listière, Rosario Murillo, une femme excentrique de 65 ans qui s'affiche en mère du peuple, et grâce à une réforme de la constitution en 2014, ils sont en train de former ce que beaucoup considèrent comme une dynastie présidentielle.

Principaux partis d'opposition écartés, députés récalcitrants destitués et observateurs internationaux rejetés, ce scrutin entaché de polémiques semble bel et bien joué d'avance, dans un des pays les plus pauvres de la région. Ces dernières années, Daniel Ortega a renforcé sa popularité en multipliant les programmes sociaux et en s'alliant au patronat. Malgré une croissance dynamique, autour de 5% par an en moyenne depuis 2011, ce pays pourrait également voir se tarir le robinet de l'aide internationale, à l'issue de cette élection qui inquiète. Managua a déjà dû accepter les restrictions du Vénézuela, jadis ardent supporter, mais qui est aujourd'hui enferré dans une crise économique et politique très profonde. Aux Etats-Unis, où le département d'Etat vient d'appeler Managua à des « élections libres, justes et transparentes », le congrès discute en ce moment du « Nica Act », un projet de loi qui vise à limiter les fonds alloués au Nicaragua par les organismes internationaux, faute de réformes démocratiques. Le coup sera sans doute dur pour les 30 % des 6 millions d'habitants qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Projet de canal controversé

Côté environnemental, le projet d'un canal , dont le chantier doit débuter fin 2016 et qui doit relier les océans Atlantique et Pacifique en traversant le lac Nicaragua qui se trouve à 34 mètres au-dessus du niveau de la mer, suscite controverses et manifestations.L'ouvrage, dont le budget est estimé à quelque 50 milliards de dollars, soit cinq fois le PIB du pays, devrait mesurer 270 kilomètres de long, trois fois plus que celui de Panama qu'il entend concurrencer. En 2013, le parlement du Nicaragua a approuvé une proposition chinoise qui s'engage à construire, financer et exploiter cet ouvrage cédé en concession pour cinquante ans. L'ensemble, qui comprend également une ligne ferroviaire ne fait pas l'unanimité en raison des « graves » nuisances qu'il causerait à plus de 100.000 paysans, aux forêts et au plus grand lac d'Amérique centrale qu'il menace de polluer. Le lac Nicaragua, constitue une réserve d'eau douce pour la biodiversité et la population locale. Au total, 25.000 personnes devraient être déplacées. Enfin, l'ouvrage qui devrait être terminé en 2020 présente une rentabilité plus aléatoire encore. Non seulement le doublement du canal de Panama est devenu une réalité mais aujourd'hui de par sa taille, cet ouvrage peut capter une nouvelle clientèle. En trois mois, le canal de Panama a ainsi pris 20 % du trafic de méthaniers et accueille, des « super-panamax », qui par leur volume et les recettes qu'ils génèrent, permettent d'amortir la baisse du trafic mondial.

Michel de Grandi, Les Echos.fr