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Revue de Presse Economie Française – Déficit public : l’heure de vérité pour François Hollande – Le Point le 18 août 2014.

Déficit public - L'heure de vérité de François Hollande - Croissance zéro - Chômage - PIB - Août 2014 (1)

Le président ne sera plus jamais pris au sérieux s'il ne s'attaque pas réellement au mammouth des dépenses publiques. Avant qu'il ne soit vraiment trop tard.

Par JEAN NOUAILHAC

Cette fois, c'est clair pour tout le monde : la France a encore failli, devant l'opinion, devant l'Europe et devant tous les pays à qui elle continue d'ailleurs de donner des leçons depuis la piste d'envol du porte-avions Charles de Gaulle. Elle ne remplira pas ses obligations et ses objectifs de déficit public qu'elle avait pourtant demandé à Bruxelles de décaler de deux ans. Elle s'était donc engagée à réduire son déficit à 3,8 % du PIB en 2014 pour arriver à 3 % maximum en 2015. Or, pour tenir cet objectif de 3,8 %, il lui fallait une croissance de 1 % du PIB en 2014.

Déficit public - L'heure de vérité de François Hollande - Croissance zéro - Chômage - PIB - Août 2014 (2)Mauvaise pioche : l'Insee annonce à la veille du 15 août une croissance zéro pour le deuxième trimestre de cette année après avoir également enregistré 0 % pour le premier trimestre. Zéro + zéro égale zéro pour le premier semestre. Le même jour, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, le ministre des Finances Michel Sapin reconnaît que l'année 2014 sera plus mauvaise que prévu et que si nous atteignons une "croissance" finale de 0,5 %, ce sera bien le maximum. Dans ces conditions, il admet que le déficit public sera supérieur à 4 % du PIB cette année.

Les journalistes du Point n'en sont pas étonnés. Dès le numéro du 31 juillet, dans un article titré "Le chiffre que l'Élysée veut cacher" , ils annonçaient 4,4 %, chiffre qui, selon eux, était connu de l'Élysée et de Matignon depuis la mi-juillet.

Déficit public - L'heure de vérité de François Hollande - Croissance zéro - Chômage - PIB - Août 2014 (3)On comprend mieux aujourd'hui pourquoi François Hollande a demandé un coup de main à Angela Merkel fin juillet en la priant - la suppliant ? - de mobiliser ses très larges excédents commerciaux pour "investir davantage" et apporter "un soutien plus ferme à la croissance". En somme, changer de politique pour aider la France à passer ce mauvais cap.

Réponse officielle de la chancelière, via une porte-parole, dès lundi 4 août : "L'Allemagne est déjà le plus important moteur de la croissance de la zone euro, et pour répondre à ces déclarations très générales de Paris, nous ne voyons aucun besoin d'apporter le moindre changement à notre politique économique." C'est clair, monsieur le président de la France ? C'est nein ! Nous ne vous croyons plus. Vous faites sans arrêt des promesses et vous ne les tenez jamais...

"La France a des défis structurels à relever"

Comme si cela ne suffisait pas, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, très proche d'Angela Merkel dont il a été le conseiller économique, a enfoncé le clou dans une interview au Monde daté du 14 août, c'est-à-dire la veille de la tribune de Michel Sapin : "La France a des défis structurels à relever, a-t-il déclaré. Elle doit redresser sa compétitivité et réduire le niveau très élevé de ses dépenses publiques." Jens Weidemann, qui est francophile, a étudié l'économie à Paul-Cézanne (université d'Aix-Marseille) avant de faire son doctorat à Bonn. "Paris devrait exercer son leadership en donnant le bon exemple, notamment en matière budgétaire, a-t-il précisé, (...) au lieu d'en appeler notamment à l'Allemagne pour soutenir sa croissance."

Tout est dit. La cause est entendue et tout le monde a compris en Europe : la France n'y arrivera pas ni cette année ni demain en 2015 ni après, si elle ne s'attaque pas, enfin, humblement, efficacement et sérieusement au mammouth de ses dépenses publiques.

Déficit public - L'heure de vérité de François Hollande - Croissance zéro - Chômage - PIB - Août 2014 (4)Une mauvaise nouvelle connue début août a encore alourdi le climat de défiance à l'égard du pays : le déficit commercial - le solde du commerce extérieur -, qui avait été de 61,2 milliards d'euros pour toute l'année 2013, ce qui est énorme, semble persister sur la même ligne avec 29,2 milliards de trou au premier semestre.

Tout cela fait tache, c'est évident, surtout quand on apprend que l'économie américaine redémarre en trombe au deuxième trimestre avec un PIB en progression de 4 % en rythme annualisé ; que la Grande-Bretagne, également, a enclenché l'accélérateur avec une croissance prévue par le FMI de 3,2 % en 2014. Il est vrai que le Premier ministre David Cameron, parmi d'autres traitements de choc depuis son élection,a coupé de 30 % les dotations à ses collectivités locales, supprimé 500 000 postes de fonctionnaires et descendu de 28 à 23 % le taux de l'impôt sur les sociétés.

Même Lamy et Attali s'inquiètent !

Trois grands témoins ont eu l'occasion de s'exprimer dernièrement sur le baril de poudre qu'est devenu notre pays :

Pascal Lamy, énarque et HEC - comme Hollande - et membre du PS - comme Valls - a dirigé l'Organisation mondiale du commerce entre 2005 et 2013 : "La petite caste politique qui prétend qu'il ne faut rien changer ment aux Français. (...) Le regard français sur le monde n'est tout simplement pas adapté. Du coup, les réformes sont plus difficiles à entreprendre." (Le Point du 17/03/14)

Déficit public - L'heure de vérité de François Hollande - Croissance zéro - Chômage - PIB - Août 2014 (5)Jacques Attali (socialiste depuis toujours) : "La situation du pays est dramatique - bien plus qu'on veut bien le reconnaître. (...) La croissance n'est pas là, le chômage augmente, les déficits s'entêtent à ne pas baisser malgré des efforts d'économies, la dette publique ne se réduit pas. Le commerce extérieur ne s'améliore pas, nos élites s'en vont et celles qui restent baissent les bras. (...) Le pays tout entier se décompose. (...) Qui mettra enfin le pays au courant de la tragédie qu'il s'apprête à vivre ?" (L'Express du 30/07/14)

Dominique Seux, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du journal Les Échos : "La France a décroché, économiquement et politiquement. Et la mondialisation n'est pas près de s'arrêter. (...) Si François Hollande estime avoir fait le tour des réformes nécessaires avec ce qu'il a annoncé depuis six mois, il se trompe énormément." (Les Échos du 26/06/14)

Le président français est allé faire la manche en Allemagne et s'est fait renvoyer dans les cordes. Au moment où les avis d'imposition pour 2014 arrivent dans les ordinateurs et les boîtes à lettres - avec, pour de nombreux contribuables, des hausses spectaculaires dues aux nouveaux impôts mis en place par Bercy et l'Élysée -, au moment où des millions de citoyens responsables vont faire leur devoir une nouvelle fois comme chaque année, il serait temps que le président fasse le sien. Jusqu'où êtes-vous prêt à aller, monsieur le président, jusqu'à quelle autre humiliation, jusqu'à quelle extrémité êtes-vous prêt à aller pour ne pas entreprendre les vraies réformes dont la France a un besoin vital aujourd'hui ? La comédie est finie, monsieur le président. L'heure de vérité a sonné.

Source : Le Point.fr