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Revue de Presse – Les Panaméens étaient aux urnes ce dimanche 4 mai 2014 pour 3 scrutins – La Presse.ca.

Le Panama a voté dimanche pour élire le successeur du milliardaire conservateur Ricardo Martinelli lors d'un scrutin présidentiel sans réel favori dans un pays où les fruits de la très forte croissance économique profitent majoritairement à l'élite.

Le scrutin a débuté dimanche à 7 h (8 h heure du Québec) et les bureaux de vote resteront ouverts pendant sept heures pour accueillir les 2,5 millions d'électeurs, sur 3,8 millions d'habitants, appelés également à désigner leurs 71 députés et leurs maires.

Ces élections à un tour se jouent à la majorité simple pour un mandat de cinq ans.

Les trois principaux candidats présidentiels, très proches dans les sondages d'intentions de vote, ont affiché au cours de la campagne des propositions très similaires, consistant généralement à maintenir l'alignement du pays sur les États-Unis et à mieux répartir les fruits d'une croissance de plus de 8 % annuels.

« Le Panama a fourni un effort extraordinaire pour ouvrir son économie, maintenir une discipline fiscale (et) contrôler son déficit budgétaire, et aucun des candidats n'a proposé de changer de cap», explique l'avocat et analyste politique Ebrahim Asvat.

Certains sondages donnent la victoire à l'opposant social-démocrate et ex-maire de Panama Juan Carlos Navarro, d'autres au candidat de droite et ancien ministre du Logement José Domingo Arias, parrainé par le sortant Ricardo Martinelli, qui quitte le pouvoir avec 67 % d'opinions favorables.

Sur leurs talons, on trouve Juan Carlos Varela (droite), vice-président élu et ancien ministre des Affaires étrangères, mais en rupture avec le gouvernement en raison de désaccords avec le président.

« Les millionnaires toujours plus millionnaires »

Sur le toit d'un immeuble de logements populaires de la place centrale de Cinco de Mayo, une énorme affiche bleue invite à voter pour M. Navarro. Sur le même toit, d'autres drapeaux, vert et roses, les couleurs du parti du Changement démocratique (droite), claquent en soutien à M. Arias.

Sur le trottoir, une affiche violette clame que M. Varela est le dirigeant dont le Panama a besoin.

«Quel que soit le gagnant, moi lundi, je dois aller travailler. (Mais) je vais voter parce que je dois penser à l'avenir, à mes enfants», témoigne pour l'AFP Manuel Dominguez qui vend des télécommandes et des piles, disposées sur un tissu posé au sol dans une avenue piétonne de la capitale.

Il votera pour M. Varela car il le croit capable de lutter contre l'inflation (4 % en 2013). «Tout est très cher», se plaint-il.

À proximité, l'électricien Luis Herrera affiche son soutien à M. Arias. « Nous ne pouvons pas revenir en arrière, le Panama a parcouru beaucoup de chemin ces dernières années grâce à ce gouvernement. J'espère que nous poursuivrons sur ce chemin » , explique-t-il.

Depuis la place Cinco de Mayo, où se concentrent petits commerces, logements populaires et circulation automobile, on aperçoit le quartier chic de Punta Pacifica, conglomérat de gratte-ciel en bord de mer, témoins d'un boom immobilier sans précédent et d'une vague de modernisation qui fait du pays le « Dubaï des Amériques », selon les mots du président sortant.

Mais l'opulence de Punta Pacifica contraste avec les bidonvilles tout proches, où les habitants n'ont ni eau courante ni logement digne, et encore moins accès à la santé, à l'éducation ou aux transports.

«La croissance économique n'a profité qu'à l'élite. Les millionnaires sont toujours plus millionnaires, mais au détriment de ceux d'en bas», alors que la pauvreté frappe encore officiellement plus de 25 % de la population, confirme Jaime Porcell, expert en analyses électorales.

La traditionnelle dichotomie droite/gauche semble inopérante à l'heure de définir le bord politique des principaux candidats.

M. Navarro, du Parti révolutionnaire démocratique (PRD), est l'héritier du nationalisme de gauche du général Omar Torrijos, à l'origine de la rétrocession du Canal de Panama par les États-Unis, en 1999, mais prône une politique de «la main ferme» contre la criminalité, en proposant par exemple l'instauration de la prison à perpétuité.

À l'opposé, M. Varela, du Parti panaméen (droite) a promis au cours de sa campagne de lutter contre l'inflation en contrôlant les prix.

Auteur : Marco SIBAJA - Agence France Presse Panama Source : http://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/201405/03/01-4763391-le-panama-aux-urnes-dimanche.php Il est important de noter que le décret n°185 du 30 décembre 2013 paru au journal officiel sous le n°27443, a permis d'instaurer ou d'augmenter le taux de salaires minimum dans plusieurs provinces du Panama. A compter du 1er janvier 2014, 33 nouveaux taux de salaire minimum sont entrés en vigueur dans le pays.