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HAÏTI FACE AUX OPPORTUNITÉS ET DÉFIS DE LA ZONE FRANCHE DE COLON

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Les gens intéressés au commerce, à la revente de toute sorte, qui visitent le Panama ne ratent pas l’occasion de se rendre à la zone franche de Colon, à l’entrée du canal de Panama, la plus grande zone franche de l’Amérique située à 80 kms de la capitale, Panama City. La ZFC fourmille d’activités diverses. Les magasins ou entrepôts des grandes marques sont attenants, ici Hugo Boss, Adidas, Nike, Victoria’s Secret ou Giorgio Armani, en face: Gucci, Aeropostale, Sony, Toshiba, Samsung ou Apple. Chacun y trouve pour son compte. Est-ce pourquoi les Panaméens aiment si bien dire que leur pays est le hub du monde.
Faut-il s’y rendre pour comprendre? Pas forcément. Le Panama s’est ouvert vers l’importation et la réexportation vis-à-vis du monde entier. Les marchandises très variées viennent du monde entier (surtout d’Asie) et sont réexportées vers des pays de l’Amérique, notamment de l’Amérique latine et de la Caraïbe. La zone franche de Colon située à l’entrée du canal dans la mer des Caraïbes offre beaucoup d’opportunités aux gens à la recherche de bonnes affaires. Demandez aux marchandes de vêtements du marché Hyppolite et vous comprendrez pourquoi elles continuent de se rendre au Panama, en particulier à la zone franche de Colon.
Comme son nom l’indique, la zone de Colon affranchit ses exploitants de taxes dans la mesure où l’entreprise établie emploie au moins cinq Panaméens, et réexporte au minimum 60 % de ses biens importés. En 2015, le Panama a vendu pour 61 millions de dollars à Haïti. Les habitués nous confient que les chiffres sont en baisse dans le commerce entre Panama et Haïti. Les marchandent l’ont confirmé. Les membres de la délégation et, en particulier les marchandes, contenaient à peine leur colère quand le manager général de la ZFC indique que la République dominicaine figure parmi les principaux pays avec qui la ZFC commerce.
En moins de cinq ans, les voisins dominicains sont passés de 2 à 4,5% dans leur flux commercial avec la zone franche. Haïti ne pèse que 0,5% dans le graphique présenté par le managerde la zone franche de Colon, Surse Pierpoint. Les Panaméens indiquent sans détour que la Colombie et le Venezuela sont leurs principaux importateurs avec chacun près de deux milliards de dollars d’importation en 2015. Les Haïtiens ont vite compris qu’ils ne font que grossir les chiffres de la République dominicaine en achetant chez elle qui gagne en considération auprès du Panama. Et les autorités négligent quelque peu le cas d’Haïti devenu, au fil des années, moins lucratif. C’est le constat.
De son côté, le designer haïtien Michel Chataigne veut faire comprendre aux Panaméens que 61 millions de dollars, si petits soient-ils, dans les chiffres globaux ne sont pas nuls. M. Chataigne, membre de la délégation qui a vécu depuis samedi l’expérience en terre panaméenne, réclame respect et considération pour ceux et celles d’Haïti qui font affaire avec le Panama. Les commerçants d’Haïti contribuent tant bien que mal à faire tourner l’économie de la zone franche avec 1 620 entreprises établies, dont 87 % de PME. Les responsables de la ZFC demandent cependant aux commerçants haïtiens victimes de mauvais traitements et d’actes d’insécurité de documenter leurs plaintes.
Expérimentée dans le commerce avec le Panama, Marie-Hélène Basquin, dite Lise, connaît la zone franche sur le bout des doigts. Elle qui fait des affaires depuis 1988 avec le Panama reconnaît que la situation devient de plus en plus difficile. Elle a affirmé avoir rencontré davantage de difficultés dans son propre pays que chez les Panaméens. Lise, qui a été victime d’incendies tant au marché Hypollite qu’à celui de Tabarre, ne jure que par le travail. Marie-Hélène Basquin a salué le travail de la CCIHP qu’elle qualifie d’atout majeur pour son secteur.
La délégation conduite par la vice-présidente de la CCIHP, Kerlyne Marseille, et le secrétaire général de cette institution, Pierre-Roger Chavenet, poursuit son séjour en multipliant rencontres et contacts sur le terrain. Avec les bons offices du ministre-conseiller de l’ambassade d’Haiti au Panama, Réginald Victor Louis, les membres de la délégation rencontrent les hommes d’affaires de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture du Panama, ce jeudi. Après les tête-à-tête entre professionnels vont suivre leur cour jusqu’à la fin de la mission le samedi 18 juin.
« La baisse du pouvoir d’achat en Haïti empêche de progresser correctement », a regretté Sophonie Lemorin Clerveaux qui se connaît dans l’habillement. Selon elle, la situation politique doit nécessairement s’améliorer si l’on veut survivre. À côté des difficultés observées dans la délivrance de visas et autres démarches administratives, les commerçants doivent faire face à l’insécurité et les tracasseries de la douane en Haïti. « Si mon sommeil est troublé, c’est davantage imputable au banditisme, aux incendies », a avancé Sophonie Lemorin Clerveaux.
Parmi les membres de la délégation, l’architecte Yves François, de YCF Group, s’intéresse plutôt naturellement à la construction. Celui qui est élevé à New York et qui a déjà fait les beaux jours de Pepsi Cola et de Philipp Morris a choisi de jeter son dévolu sur Haïti depuis près de cinq et s’est lancé dans la construction. Mais ce secteur a grandement besoin de joint-ventures et de matériaux nouveaux pour décoller. C’est ce qui a amené Yves François au Panama. Lui qui a dirigé les travaux de rénovation de l’église Saint-Jean Baptiste de Miragoâne croit avoir beaucoup appris au Panama pour la suite de sa carrière. Il négocie avec des fournisseurs du Vietnam et de la Chine qui ont pignon sur rue dans la zone franche de Colon.
Bernard Paul Gaston Arcens dirige Action Développement Gaston Arcens, une agence spécialisée dans le suivi-évaluation des projets de santé publique. il a déclaré qu’il n’est pas intéressé au commerce de médicaments. Pour lui, Haïti a un problème fondamental d’éducation qu’il faut résoudre si l’on ne veut plus rester à la traîne. « Panama est très ouvert, Haïti doit profiter de ses relations avec ce pays, les pays du Sud et vice versa », a conseillé le médecin Bernard Paul Gaston Arcens.
À Colon comme dans le reste du Panama, les membres de la délégation se sont rendu compte qu’Haiti peut offrir son savoir-faire dans la mode et ses créativités dans l’artisanat et dans les technologies de l’information et de la communication. La CCIHP sera-t-elle suffisante pour imposer ses vues sans l’implication de l’État et la collaboration et d’autres secteurs.
Dieudonné Joachim Panama City sony_et_chataigne