Le PANAMA est le pays idéal pour votre "FUTURE NOUVELLE VIE" pour vous et votre famille.

Laurent FABIUS était en voyage officielle au PANAMA le 22 février 2013. A cette occasion, il a déclaré que le PANAMA était un pays ou se construisait l’avenir.

Laurent FABIUS et Francisco ALVAREZ DE SOTO

Lors de cette visite officielle, le ministre s’est entretenu avec le Président Ricardo MARTINELLI, avec Francisco ALAVAREZ DE SOTO, ministre chargé des Relations extérieures et Jorge QUIJANO, administrateur de l’Autorité du Canal qui lui a présenté les travaux d’élargissement du canal.

Laurent FABIUS a signé avec son homologue un mécanisme établissant des consultations politiques bilatérales. Il a rencontré la communauté d’affaires française et a visité le chantier du métro de Panama construit avec la participation de nos entreprises. Cette visite à Panama visait notamment à promouvoir notre coopération universitaire en matière de formation professionnelle.

Allocution du ministre des affaires étrangères, M. Laurent FABIUS, devant la communauté française - Le 22 février 2013.

Monsieur l'Ambassadeur,

Monsieur le Ministre,

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Les relations entre le Panama et la France sont au beau fixe. Donc, ma visite ne sert à rien. Mais tout de même ! J'ai voulu venir dans cette partie du monde et, en quelques jours, soustraits d'un calendrier assez chargé, venir successivement au Pérou, à Panama et en Colombie. Ceci signifie malheureusement que je ne suis ici que pour peu de temps. Mais suffisamment tout de même pour constater, Monsieur l'Ambassadeur - en vous félicitant - qu'il règne ici entre Panama et la France, à travers tous nos amis ici rassemblés, quelque chose d'exceptionnel qui s'appelle tout simplement l'amitié et le sentiment de travailler ensemble et d'avancer.

C'est vrai que l'amitié entre le Panama et la France plonge ses racines très loin. On m'a réexpliqué Ferdinand de Lesseps. On m'a montré Paul Gauguin qui n'a pas eu, si j'ai bien compris, un contact tellement agréable. Mais, le temps fait que désormais tout cela est sublimé. Néanmoins, malgré ces épisodes glorieux ou plus difficiles, il y a toujours eu une grande proximité entre le Panama et la France. Comme j'aime à le dire souvent, il n'y a pas d'amour pur, il n'y a que des preuves d'amour. Disons qu'au cours de ces dernières années, les preuves d'amour, dans la mesure où elles sont administrées par les ministres, ont été assez rares. En feuilletant un certain nombre de grimoires, nous avons constaté que la dernière personnalité membre du gouvernement à venir vous rendre visite, c'était Madame Lagarde, qui depuis a eu un destin très glorieux. Je n'ai pas cette ambition. Mais c'est une bonne chose de venir - et si possible à un rythme plus précis que tous les huit ans - et de dire au nom de la République et au nom du président de la République qu'entre le Panama et la France, non seulement tout va bien mais tout va de mieux en mieux. Je m'en suis rendu compte en rencontrant de nombreux responsables d'entreprises qui ont de beaux projets et qui les réalisent dans les temps. Chefs d'entreprises qui sont très appréciés et j'en ai eu le témoignage cet après-midi en échangeant avec le président Martinelli.

Le Président Ricardo MARTINELLI et Laurent FABIUS

Mais, le monde de l'entreprise n'est pas seulement apprécié: l'éducation et les échanges culturels sont appréciés. Et je remercie Monsieur l'Ambassadeur et toutes celles et tous ceux qui ont permis cette très belle exposition. Et puis l'éducation aussi, parce que - je ne sais pas si vous l'appelez la petite école - l'école va grandir, grâce à la générosité de nos amis panaméens. À moyen terme, nous aurons un établissement qui pourra compter jusqu'à 500 élèves. Ce qui signifie qu'année après année, la coopération, la collaboration et le travail en commun entre le Panama et la France vont se développer. Je suis accompagné par un certain nombre de responsables d'entreprises, par le député Coronado qui est là, par une petite partie de mon équipe au Quai d'Orsay - petite équipe, mais très valeureuse - et à travers ces quelques jours arrachés à la France, nous constatons qu'ici, au Panama, se construit une bonne partie de notre avenir. Et c'est le sens de ma présence ici.

La France doit être présente partout où se construit l'avenir. L'Amérique latine, l'Amérique centrale, c'est une partie du monde où se construit l'avenir. Et Panama, en particulier, à cause des choix qu'il a fait, est un des endroits du monde - nous en sommes persuadés - où se construit l'avenir. Lorsque j'entendais cet après-midi le président panaméen m'expliquer tout ce qu'il y avait encore devant nous, je me disais finalement que la France va être une petite banlieue du Panama tout comme les États-Unis grâce à la notion de centre régional qui est un choix pertinent. Et ce que j'ai en particulier apprécié dans mes échanges avec le gouvernement, qui m'a reçu avec beaucoup de gentillesse, c'est que même s'il n'est pas un pays très étendu, le Panama prend ses responsabilités internationales. Et sur des sujets difficiles, alors que d'autres se dérobent, le Panama s'exprime parce que tout État, quelle que soit sa taille, est une parcelle de la communauté mondiale. Nous avons apprécié en particulier que le Panama ait été le premier dans cette partie du monde à dire ce qu'il pensait - et nous en pensons la même chose - du régime actuel de Syrie. Et sur d'autres conflits encore, nous sommes côte à côte avec Panama.

Réunion de travail en présence de Ricardo MARTINELLI

Mesdames et Messieurs, je disais «nous sommes au beau fixe», et néanmoins nous allons essayer d'améliorer encore les choses. Par ma fonction actuelle, je suis habitué à rencontrer de nombreux chefs d'État et de gouvernement et de collègues ministres des affaires étrangères. Je dois dire que le président Martinelli m'a dit les choses de la manière la plus simple et la plus forte que j'aie entendue. À la fin de notre entretien, il m'a dit - Monsieur l'Ambassadeur vous en êtes témoin et vous saurez le rappeler le moment venu - «Monsieur le Ministre que puis-je faire pour la France ?» Quand on entend cela, on répond, parce que j'apprends à être diplomate : «Monsieur le Président, qu'est-ce que la France peut faire pour le Panama ?» Mais surtout, on se dit qu'il y a énormément de choses à construire ensemble.

Mesdames et Messieurs, je termine ce court propos en vous disant, amis panaméens, que nous sommes extrêmement honorés que vous soyez à nos côtés. Et mes compatriotes français, bien sûr il y a un Ambassadeur en titre qui fait fort bien son métier, mais vous êtes toutes et tous des ambassadrices et des ambassadeurs de la France. Il y a une petite parcelle de France que vous tenez entre vos mains. Et, sans porter de jugement moral, la France est jugée par le biais de votre action, de votre comportement et de vos initiatives. C'est pourquoi ce n'est pas à vous de me remercier d'être là, c'est ma mission, mais c'est à moi, au nom du gouvernement de la République, de vous remercier de ce que vous faites pour notre pays et de ce que vous êtes.

Vive le Panama, Vive la France et Vive l'amitié entre nos deux pays./.

Entretien de Laurent FABIUS avec le quotidien panaméen "La Prensa" - Le 22 février 2013.

Q - Est-ce que vous pourriez nous dire quelques mots sur la manière dont vous envisagez la relation entre la France et le Panama ?

R - La France et le Panama, c'est une longue histoire. Bien entendu, il y a eu cette audacieuse entreprise que fut le percement, sous la direction de Ferdinand de Lesseps, du canal. La France a plus tard accompagné la création de l'État panaméen et fut l'un des premiers à le reconnaître.

L'Ambassade de France au Panama

Elle est le seul pays dont la représentation diplomatique au Panama est installée dans le Casco Antiguo. Tous ces symboles témoignent d'une étroite relation, que je suis ici pour développer. Je signerai avec le ministre des relations extérieures un document établissant un mécanisme de consultations politiques entre nos deux ministères des affaires étrangères, afin d'alimenter entre nous un dialogue politique régulier.

Notre relation est aussi économique, avec les grands projets menés par le Panama et auxquels les entreprises françaises participent. Notre relation est également culturelle et éducative. Nous souhaitons notamment travailler sur le thème de la formation professionnelle. Enfin, notre dialogue porte sur les questions internationales et sur la situation de la région, par exemple en termes de sécurité. Ainsi, dans le cadre de son engagement contre le trafic de drogue et le crime organisé, la France participera cette année à l'exercice Panamax.

La France et le Panama sont amis, nous voulons et devons travailler ensemble.

Q - Dans quel cadre s'inscrit votre visite au Panama, la première d'un ministre français depuis 2009 ?

R - Au cours des dernières années, plusieurs représentants panaméens de haut niveau, le ministre des relations extérieures en juin 2010 puis le président de la République en novembre 2011, se sont rendus en France. Ma présence illustre l'importance que la France attache à sa relation avec le Panama et notre souhait de développer des relations politiques, économiques et culturelles. Je souhaite particulièrement encourager les entreprises françaises à renforcer leur engagement pour accompagner le développement du pays.

Ma visite est aussi l'occasion de rencontrer la communauté française au Panama : un peu plus nombreux chaque année, ils sont désormais presque 1400 à représenter notre pays sur l'isthme.

Q - Quelle importance les entreprises françaises accordent-elles au Panama ?
Laurent FABIUS survole le Canal de Panama

R - Le Panama est un partenaire économique majeur pour la France en Amérique centrale. C'est un marché dynamique dans lequel les opportunités sont nombreuses. Il représente 60 % du commerce de l'Amérique centrale avec l'Union européenne.

Les investissements français ces dernières années s'élèvent à près de 850 millions de dollars. C'est un chiffre qui doit encore être amélioré. Panama constitue également une base régionale pour nos entreprises : beaucoup se sont installées ici en raison de conditions favorables, d'une situation centrale, de l'existence du hub des Amériques et de la zone libre de Colon, afin de développer leurs activités sur toute la région.

C'est le cas de la compagnie pétrolière Total, du groupe pharmaceutique Sanofi, de L'Oréal et d'autres encore.

Q - Vos impressions sur les projets que ces dernières mènent actuellement ?

R - Le Panama mène une politique ambitieuse d'investissements publics, afin de se doter d'infrastructures de haut niveau dans des domaines tels que la production d'électricité, de l'assainissement, des transports publics. C'est notamment dans ces secteurs que nos entreprises interviennent, avec par exemple DEGREMONT pour la construction de la station de traitement des eaux usées de la ville de Panama, GDF-SUEZ pour les centrales électriques, le groupement des entreprises françaises mené par ALSTOM pour le chantier du métro, le premier en Amérique centrale, ou encore VINCI, groupe leader dans le domaine des travaux publics, qui construira le troisième pont sur le canal de Panama.

La France et ses entreprises disposent d'une expertise reconnue dans beaucoup de domaines. Je me réjouis à ce propos que les travaux du métro avancent rapidement et que les premiers tests du matériel roulant aient lieu avant la fin de l'année. Par leur participation à ces projets, les entreprises françaises contribuent au développement économique durable du Panama.

Q - Qu'est-ce qui a changé entre les deux pays depuis la signature de l'accord fiscal l'année dernière ?

R - La France accorde une grande importance au thème de la transparence fiscale. Nous apprécions les actions engagées au Panama en la matière, notamment dans le cadre de l'OCDE, avec la ratification de douze accords fiscaux bilatéraux. Entre la France et le Panama, l'accord a été signé à la fin 2011. Nos relations fiscales sont, depuis lors, normalisées, ce qui crée un contexte favorable au développement des échanges.

Q - On parle beaucoup de la crise en Europe. Quelles perspectives de sortie de crise pour l'Europe et la France ?

R - L'Europe est la première puissance économique mondiale et la France est l'une des deux principales puissances en Europe et la cinquième au monde. Des difficultés existent, mais nous sommes engagés sur la voie du redressement et nous disposons pour cela de nombreux atouts - formation, recherche, technologies, innovation, infrastructures, entreprises mondiales. Notre stratégie a deux volets : sérieux budgétaire et préparation de l'avenir, avec des investissements dans les secteurs du futur, des réformes de structure, la dynamisation de la recherche et de la formation. Nous menons cette politique au plan national et au plan européen.

Q – Il existe au Panama un lycée français. Est-ce que vous pouvez nous parler de l’enseignement français à l’étranger ?

Continuité de l'enseignement au Lycée Français

R - L'une des particularités de l'enseignement français à l'étranger est qu'il s'agit d'un excellent réseau qui applique les mêmes méthodes que l'enseignement français en France, avec en général des professeurs français, issus du ministère de l'éducation nationale. Étudier dans un lycée français à l'étranger, c'est avoir la possibilité d'accéder aux meilleures universités françaises et internationales. Les frais de scolarité sont particulièrement compétitifs.

Au Panama, le lycée français Paul Gauguin a connu ces dernières années une croissance spectaculaire. Il a récemment accueilli son 300ème élève. L'établissement souhaite construire de nouveaux locaux, à l'horizon 2015, dans une zone mise à disposition par le gouvernement panaméen. Ce nouveau lycée facilitera la présence française au Panama, il sera un pont entre nos deux pays.

Q - Monsieur le Ministre, une dernière question pour conclure : où en sont les discussions sur l'ouverture d'une ligne directe entre Paris et Panama City ?

R - Je connais le souhait du Panama de voir s'ouvrir une ligne directe entre Panama City et Paris. J'y suis très favorable car cela favorisera les échanges entre nos deux pays. Le choix d'ouvrir une ligne se fait en fonction d'études de marché et d'arbitrages, actuellement réalisés par Air France. C'est à elle qu'appartiendra la décision finale. Je souhaite qu'elle soit positive./.

Source : France Diplomatie.