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Les travaux du canal du Nicaragua reportés à fin 2016…

Le patron chinois Wang Jing qui finance en grande partie sur ses propres deniers le projet a perdu l’essentiel de sa fortune après le krach boursier chinois de l’été

Canal_NicaraguaOSCAR NAVARRETE/AP
Marche nationale contre le projet de canal du Nicaragua, à Managua, le 27 octobre 2015.
Avec cet article
 

Le rêve du grand canal du Nicaragua, concurrent de l’historique canal de Panama, vient de prendre un mauvais coup. Un an après les cérémonies d’inauguration du lancement des premiers travaux, la compagnie chinoise en charge de ce projet gigantesque a annoncé jeudi 26 novembre que les « grosses excavations ne pourront commencer qu’à la fin décembre 2016 ». La société n’a donné aucune raison précise pour ce retard.

Wang Jing a perdu près de 90 % de sa fortune

Pour autant, le président de l’entreprise Hong Kong Nicaragua Canal Development Group (HKND), Wang Jing, qui utilise ses propres deniers pour financer ce projet de 50 milliards d’euros, a vu sa fortune s’effondrer de près de 90 % à la suite du krach boursier chinois de l’été dernier.

Cet entrepreneur des télécommunications était classé parmi les 200 plus grosses fortunes du monde en juin dernier par l’Index Bloomberg, avec une fortune évaluée à plus de 10 milliards de dollars. Après la chute des bourses chinoises, il ne lui resterait plus que 1,1 milliard d’euros.

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Ce revirement de fortune vient confirmer l’analyse de nombreux experts locaux qui doutent que ce canal du Nicaragua soit jamais construit pour des raisons financières, environnementale et sociale. La population nicaraguayenne quant à elle ne semble pas partager ce "rêve" : depuis des mois, les manifestations se sont multipliées, de paysans menacés d’expropriation mais aussi d’associations inquiètes du risque de catastrophe écologique.

Un projet remis en cause

Les travaux, prévus pour durer cinq ans, devaient débuter au niveau de l’embouchure du fleuve Brito, sur la côte Pacifique sud. Il s’agira d’abord de construire les premiers chemins d’accès au canal et un port, étape qui occupera quelque 300 des 50 000 ouvriers prévus au total, selon l’Australien Bill Wild, principal consultant du projet. C’est là que les travaux vont prendre du retard désormais

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Le canal devait ensuite traverser le lac Cocibolca, plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale, et continuer son chemin à travers des forêts tropicales et au moins une quarantaine d’agglomérations avant d’aboutir à l’embouchure de la rivière Punta Gorda, côté Caraïbes.

D’une profondeur de 30 mètres, il devrait permettre le passage de bateaux jusqu’à 400 000 tonnes. Le chantier, dont les études de viabilité technique, environnementale et financière sont secrètes, menace de déplacer 30 000 paysans et indigènes ramas et nahuas qui vivent sur le tracé.

Espoir de développement économique

Le gouvernement rétorque que ce chantier est la manière la plus rapide de sortir de la pauvreté, qui touche 45 % de la population au Nicaragua. Il assure même que l’infrastructure fera du pays le plus riche d’Amérique centrale. En réalité, le contrat (avec HKND, NDLR) va beaucoup plus loin que le simple canal. Il offre des opportunités pour de nombreux projets d’infrastructures dont des ports, des routes, un complexe touristique et un aéroport rénové.

HKND doit construire puis administrer pendant 50 à 100 ans ce canal de 278 kilomètres de long, soit trois fois plus que celui du Panama. Ce dernier, qui travaille à son élargissement à l’occasion de son centième anniversaire, voit évidemment ce projet d’un mauvais œil, redoutant sa concurrence sur les 5 % du commerce maritime mondial qu’il fait transiter.