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DE NOUVELLES ROUTES VIA LE POLE NORD ?

 

Afin de réduire leurs coûts et leurs délais de livraison, des cargos transiteront de plus en plus par les passages du Nord-Ouest et du Nord-Est au cours des prochaines décennies, estiment des spécialistes.

Le changement climatique fait fondre la banquise de l'océan Arctique, de sorte que la période durant laquelle ces routes sont libres de glace est plus longue. Cela dit, la navigation est risquée en raison de la dérive des glaces. C'est pourquoi le potentiel pour les armateurs est davantage à long terme, car, selon les climatologues, il est probable que l'Arctique soit libre de glace d'ici à 2050.

«La fonte de la banquise permettra l'ouverture de voies maritimes commerciales qui raccourciront les distances entre l'Europe et l'Asie ou entre la côte est des États-Unis et l'Asie, avec, pour corollaire, des économies de carburant et de salaires des équipages», souligne le Centre national de la recherche scientifique.

Prenons le passage du Nord-Est à partir de Rotterdam. Pour aller à Tokyo, les cargos transitent par le canal de Suez, ce qui représente 24 220 kilomètres. La distance entre ces deux villes est seulement de 14 540 km en passant par le pôle Nord.

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Le passage du Nord-Ouest procure le même avantage : les cargos partant de la côte est de l'Amérique du Nord peuvent réduire de plus de 50 % la distance avec l'Extrême-Orient. Imaginons un navire en partance de Montréal à destination de Shanghai. En passant par le canal de Panama, il devra parcourir 22 224 km. Par contre, via le passage du Nord-Ouest, c'est plutôt 14 446 km. À ce jour, le passage dans les eaux russes est plus populaire. En 2014, par exemple, 53 navires ont utilisé la route longeant la Sibérie, tandis qu'un seul a transité par le nord du Canada, rapporte Le Monde.

Cet été encore, le géant chinois du fret Cosco a fait transiter un cargo par le passage du Nord-Est. Il était parti de Busan, en Corée du Sud, pour rejoindre Rotterdam. En 2013, Cosco avait aussi utilisé cette route pour une livraison entre Dalian, en Chine, et Rotterdam. En 2013, le vraquier danois Nordic Orion est devenu le premier cargo de gros tonnage à franchir le passage du Nord-Ouest. Il a transporté une cargaison de charbon entre Vancouver et la Finlande.

Une expertise particulière qui entraînera des coûts supplémentaires

À terme, ces nouvelles routes peuvent représenter une bouée de sauvetage pour l'industrie maritime mondiale du fret. Depuis la récession de 2008-2009, elle est en difficulté financière à cause d'une réduction de la demande et d'une offre excédentaire de fret maritime.

Par contre, ces nouvelles voies navigables ne seront pas une panacée, même si elles réduisent la distance et les coûts, prévient Patrice Dallaire, directeur exécutif du Centre d'études pluridisciplinaires en commerce et investissement internationaux de l'Université Laval.

«Naviguer dans l'Arctique nécessite une expertise particulière, augmente les risques d'accident, sans parler de la possible construction de navires plus solides. Tout cela entraîne des coûts supplémentaires», dit-il. L'encadrement de la navigation dans l'Arctique, puis la protection de l'environnement et de la faune seront aussi des enjeux majeurs, selon M. Dallaire.

François Normand (Les affaires)