Le PANAMA est le pays idéal pour votre "FUTURE NOUVELLE VIE" pour vous et votre famille.

Revue de Presse : Le Panama à la croisée des chemins – Journal Le Devoir le 29 juin 2013.

Mince langue de terre entre la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, entre la Colombie et le Costa Rica, le Panamá, qui a déjà fait partie de la Colombie, sert de pont entre l’Amérique centrale et l’Amérique latine.

Son canal a longtemps été sous tutelle américaine et depuis 2000, année de sa rétrocession, le pays expérimente une indépendance nouvelle et connaît un boom impressionnant. Sont-ce les revenus du canal, des bateaux battant pavillon panaméen, du lucratif business des assurances ou de la grouillante activité bancaire ? En tout cas, le pays respire la prospérité. Et le tourisme joue également son rôle dans son enrichissement.

Découragés par les tracasseries administratives états-uniennes, les riches Sud-Américains choisissent désormais le Panamá comme destination « shopping » et pour se faire soigner, puisque le tourisme médical y est en hausse.

Par ailleurs, le mythique canal attire une clientèle internationale qui en profite de plus en plus pour découvrir le pays, sa culture, sa nature et ses plages.

Panamá signifie « abondance », selon notre guide Ovidio, et cela se vérifie presque au premier coup d’oeil. Abondance de constructions nouvelles dans la capitale, puis en dehors de la ville, abondance dans la nature exubérante : faune et flore diversifiées et vertigineux étals de fruits et légumes.

La forêt de gratte-ciels témoigne de la vitalité de Panama City. « Nous n’avons pas de tremblements de terre, ni de tsunamis, ni d’éruptions volcaniques », commente Ovidio.

Ici, les édifices de plus de 60 étages ne sont pas rares. Le plus haut, pour le moment, en compterait 80 ! Ces filiformes constructions rivalisent d’originalité pour composer un paysage urbain dont la silhouette rappelle celle de Dubaï.

Dans ce modernisme, une note détonante : ces deux prochains jours, les écoles seront fermées pour cause de pénurie d’eau appréhendée à la veille d’une saison des pluies qui tarde à se manifester. Malheureusement, ce souci d’économiser l’eau ne se rendra pas jusqu’à l’application, dans les hôtels, d’une plus stricte politique d’économie d’énergie. Ce paradoxe serait-il un filon pour comprendre le pays ?

L’ancien et le moderne

Même si elle affiche des airs futuristes, la ville de Panamá a été fondée en 1519. Les ruines de ce premier établissement (Panamá Viejo) détruit en 1671, arrachées à la jungle quelques siècles plus tard, figurent au patrimoine de l’UNESCO depuis 2003.

Une nouvelle ville est construite à quelques kilomètres de là à partir de 1673. Des incendies ont détruit plusieurs monuments anciens, mais la visite du quartier, maintenant connu sous le nom de Casco Viejo, donne une idée de ce que pouvait être la ville coloniale.

Il y a un peu de La Havane ici, et un peu de La Nouvelle-Orléans.

La restauration n’est toutefois pas terminée. D’un côté, maisons déglinguées et ce qui a toutes les apparences d’une maison close ; de l’autre, pimpants restos branchés et classiques hôtels-boutiques.

Les grues dominent le paysage de la ville, preuve du boom économique. Les appartements en front de mer se vendent 3500 $ le mètre carré, selon Ovidio, qui souligne quand même que Panamá City a également besoin de logements sociaux, particulièrement dans certains quartiers chauds.

Le passage

Le Panamá doit son développement à l’historique canal, devenu à la naissance du XXIe siècle le symbole de son indépendance. Le pays a longtemps été lieu de passage avant la réalisation du canal. C’est ici qu’ont transité les trésors du Pérou en route vers l’Espagne. L’idée d’un passage d’un océan à l’autre date de plusieurs siècles. On dit que Charles Quint en rêvait déjà en 1534. Plus de 300 ans plus tard, forts du succès du canal de Suez, les Français s’attaquent à l’ouvrage.

La construction, commencée en 1880, se heurte à de nombreux problèmes techniques et de santé publique. On estime que la fièvre jaune et le paludisme ont fait 5000 morts pour la seule année 1885. Au total, on établit à 22 000 le nombre de morts pendant la période « française » de la construction du canal, qui se terminera par une faillite.

Les Américains reprennent les travaux en 1904 après la proclamation de la République panaméenne, séparée de la Colombie. Le canal est finalement ouvert en 1914. Le parachèvement de l’écluse parallèle, qui permettra au canal d’accueillir de plus gros bateaux, manquera de peu l’échéance de son 100e anniversaire. Revu et augmenté, le canal verra, dès 2015, s’accroître de façon substantielle le volume de marchandises qui y transitent. On prévoit également de construire de nouvelles installations pour accueillir les visiteurs.

Admirer le fonctionnement du canal en lunchant au resto des écluses de Miraflores après avoir visité le musée adjacent, ou de l’intérieur, en bateau ? C’est selon chacun. Les plus curieux feront les deux.

C’est la construction du canal qui a donné à la ville son visage cosmopolite. Des dizaines de milliers de travailleurs étrangers ont contribué à la réalisation de l’ouvrage, façonnant le tissu social du Panamá d’aujourd’hui, où les synagogues côtoient les mosquées au milieu de temples d’autres confessions.

De la nature et des hommes

À des années-lumière mais à moins d’une heure de route de la vibrante capitale, des membres de la tribu embera, venus de la frontière colombienne, vivent comme leurs ancêtres dans des villages riverains inaccessibles par la route, au coeur du parc national de Chagres.

Seule concession apparente à la modernité : les pirogues traditionnelles sont munies d’un moteur.

En cette fin de saison sèche, la navigation sur le fleuve est difficile et l’accès au village de Parara Puru, ardu.

Une cinquantaine de passagers d’un bateau de croisière sont déjà sur place. Le village reçoit une centaine de groupes de croisiéristes chaque année.

Au programme de la découverte : des danses, des explications sur l’artisanat local, qu’on peut d’ailleurs acheter sur place, et un repas autochtone de tilapia pêché dans le lac voisin, accompagné de plantain cueilli par les villageois et servi sur une feuille de bananier.

Une incursion dans la vallée d’Anton, un ancien cratère de volcan, permet de prendre le pouls du pays : chouettes auberges de campagne, marchés de fruits et légumes, jolies villas, etc. Autour de Penonomé, on cultive noix d’acajou, café et tabac.

En route, l’arrêt chez un fabricant de panamas (plébiscités par les travailleurs du canal, ces chapeaux de paille étaient alors fabriqués en Équateur) permet de comprendre pourquoi ils sont si chers, surtout le superbe sombrero pintado liséré de noir !

En fait, le prix est fonction du nombre d’heures consacré à l’ouvrage. Cette industrie fait vivre 6000 personnes, pour la plupart des femmes qui travaillent à la maison.

L’histoire s’affiche à Nata, où trône une émouvante église coloniale, la plus ancienne du pays encore en activité, et à Cano, dans un des rares sites archéologiques précolombiens panaméens qui dévoile peu à peu ses secrets.

LE BIOMUSEO

Une vision artistique de la biodiversité Tourné vers l’avenir, le Panamá veut faire du futur musée de la biodiversité un symbole de sa richesse.

Il sera le premier pays d’Amérique latine à s’enorgueillir d’une oeuvre de Franck Gehry, le génie derrière le Guggenheim de Bilbao.

De loin, on dirait un château de cartes effondré. Les plaques colorées représentent en fait la diversité du pays en matière de faune, de flore et de cultures. L’arche rappelle le pont des Amériques, à l’entrée du canal.

À l’intérieur, dans l’atrium, les colonnes représentent les arbres et les puits de lumière illustrent le soleil qui filtre à travers les cimes des arbres. La galerie marine est bordée de deux aquariums géants, un clin d’oeil aux deux océans.

L’inauguration de cette œuvre audacieuse, qui sera entourée d’un jardin botanique, a été reportée quelques fois. Si tout va bien - mais tout semble aller mal depuis le début à cause de problèmes de matériaux qui ont entraîné des changements de plans -, le musée sera partiellement accessible à la fin de 2013.

Ouvert sur la nature, le musée jouit d’une vue imprenable à la fois sur la ville et sur l’entrée du canal. Il se visitera en un peu moins d’une heure, mais on pourra flâner en toute liberté dans le jardin, accessible gratuitement.

En vrac

La saison des pluies s’étend de mai à décembre, et celles-ci varient en intensité et en durée. Les pires mois seraient novembre et décembre, mais il pleut moins sur la côte Pacifique.

La monnaie du pays est le dollar américain.

La dernière édition du guide Ulysse Panamá, mise à jour à la fin de 2012, est sans doute le meilleur outil en français.

Le Panamá n’est pas une destination du Sud comme les autres. On peut difficilement se confiner à la plage quand il y a le canal à voir de ses yeux voir, une histoire fascinante à découvrir et une nature exubérante à apprivoiser.

Source : Le Devoir