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Revue de Presse – Panama, au-delà du canal – Les Echos le 4 juillet 2014.

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Panama Ciudad. Une ville en pleine mutation, qui mixe business, douceur de vivre et biodiversité sur fond de centenaire du canal.

Panama au delà du Canal - Ville Moderne Nature Culture Patrimoine Mode Commerce - Actualités Vivre-au-panama.com (2)Même si son image de paradis fiscal lui colle encore à la peau, même si les exactions du sulfureux Noriega sont encore dans les mémoires, le Panama a tourné la page. Certes le business reste un atout majeur (plus de quatre-vingts multinationales y ont basé leur siège), mais le pays a pris conscience de sa grande biodiversité, une richesse naturelle, qu'il entend protéger.

Témoin, sur la chaussée d'Amador, un biomusée dessiné par Frank Gehry. Son design tourmenté, coiffé par un enchevêtrement de toitures multicolores asymétriques, évoque les forces telluriques qui, il y a trois millions d'années, firent jaillir cette terre des océans. Conçues en collaboration avec les scientifiques du Smithsonian Tropical Research Institute, les huit galeries racontent l'histoire de l'isthme qui a bouleversé courants marins et climats, qui a permis une massive migration nord-sud des plantes, des animaux et une explosion de nouvelles espèces. Un cri d'alarme écologique dans une capitale en pleine expansion économique, hérissée de gratte-ciel.

Début 2000, quatre immeubles pointaient à 150 m de hauteur ; aujourd'hui, le Faros de Panamá et la Torre Planetarium culminent à 345 m. Enlacée par de larges avenues, où se croisent luxueux 4 × 4 et diables rouges (nom donné aux vieux « school buses » américains relookés par la RATP locale), l'impressionnante skyline abrite banques, hôtels, grands malls, dont le gigantesque et luxueux Multiplazza (haute couture et stylistes internationaux à prix attractifs ; taxes à 7 %).

A midi, les shoppeuses font une pause, non loin de là, dans Obarrio chez Cuquita Cookita (calle 58), où Cuquita Arias, chef de l'hôtel Bristol, propose petits plats frais, savoureux et imaginatifs. Puis direction l'atelier showroom d'Hélène Breebaart (calle Abel Bravo), fashion designer qui allie sa « french touch » au savoir-faire des Indiennes Kunas, dont les « molas » (transfert de tatouages colorés sur tissu) célèbrent la nature.

Panama au delà du Canal - Ville Moderne Nature Culture Patrimoine Mode Commerce - Actualités Vivre-au-panama.com (3-1)De l'autre côté de la baie, Casco Antiguo , longtemps abandonné aux couches populaires, est devenu le quartier le plus trendy depuis son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans les rues pavées, les éclatantes façades de style baroque ou néoclassique, ornées de balcons en fer forgé, rappellent l'atmosphère surannée de La Havane.
A côté de quelques demeures encore éventrées, envahies par la végétation, d'autres vivent une seconde jeunesse, métamorphosées par des investisseurs privés en boutiques hôtels, cafés, restaurants, galeries d'art. Tels Diablo Rosso (avenida A), un espace expérimental avec salle d'exposition, café et concept store, Weil Art Gallery (calle 48), où peintures et sculptures avant-gardistes se mêlent à l'artisanat de la tribu Wounaan. Et aussi des boutiques : Reprosa (calle 4), reproductions de bijoux et d'objets préhispaniques du Musée d'anthropologie, et Guayaberas (calle 4), prisée pour ses chemises d'origine cubaine.
Au coucher du soleil, des concerts de jazz animent la terrasse du restaurant Las Bovedas, place de France. Face à l'esplanade de notre ambassade trône le buste de Ferdinand de Lesseps, auquel nos souvenirs d'écoliers rattachent le canal centenaire.

Le rêve du « Grand Français »

Auréolé de son succès à Suez, le vicomte débarque au Panama en 1879 pour réaliser le vieux rêve de Charles Quint : créer une voie navigable de 79 km entre Pacifique et Atlantique pour éviter les redoutables écueils du Cap Horn aux galions chargés d'or du Pérou.

Panama au delà du Canal - Ville Moderne Nature Culture Patrimoine Mode Commerce - Actualités Vivre-au-panama.com (4)Mais le « Grand Français » sous-estime les crues du Rio Chagres. On dénombre plus de 20.000 morts. Son entêtement creuse un gouffre financier. L'entreprise titanesque vire au cauchemar. Les Américains acquièrent en novembre 1903 les droits d'exploitation et de construction du canal, qui sera inauguré le 15 août 1914.

Revenu dans le giron panaméen depuis le 1er janvier 2000, ce passage stratégique constitue un véritable jackpot. Plus de 1 milliard d'euros de recette annuelle généré par les 14.000 navires qui y transitent. Face à l'augmentation de la taille des Panamax (porte-conteneurs de 294 m de long) et à la saturation du canal, 78 % de la population ont voté par référendum en faveur de son élargissement (inauguration prévue fin 2015). Mais ce chantier pharaonique accentue la déforestation.

Entre capucins et crocodiles

Panama au delà du Canal - Ville Moderne Nature Culture Patrimoine Mode Commerce - Actualités Vivre-au-panama.com (5)Empruntant la voie ferrée, qui transportait jadis la main-d'oeuvre, un train au charme désuet relie en une heure la capitale à la côte caraïbe. Les voitures panoramiques tantôt serpentent au milieu de la végétation luxuriante, tantôt frôlent la gigantesque saignée.

C'est encore plus spectaculaire depuis la terrasse du restaurant de l'écluse de Miraflores ou depuis le belvédère de l'écluse du lac Gatun, lorsque les mastodontes flottants tractés par les mulas, petites locomotives, se glissent entre les murs de béton. Une merveille d'ingénierie civile sur un territoire où la nature est reine.

A quelques kilomètres de là, dans le Parc national de Sobérania parmi les palmiers, fougères, lianes arborescentes et jaunes guayacans vivent deux cents types de mammifères et environ quatre cents espèces d'oiseaux.

Au confluent du canal et du Rio Chagres, la bourgade de Gamboa est le point de départ de balades fluviales, qui pénètrent au coeur de la jungle, où des crocodiles semblent assoupis sur les berges. Pas question de débarquer sur l'île aux Singes, squattée par des capucins qui sautent de branche en branche au-dessus de la petite embarcation. Il faut préserver leur mode de vie.

L'écotourisme est désormais une priorité politique, même si le Panama n'est pas insensible au mirage nord-américain. Synthèse entre sa culture indienne d'origine et son héritage colonial espagnol, il conserve la nonchalance des Caraïbes.

Auteur : Mireille Gignoux Source : Les Echos.fr