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Le Panama entre économiquement dans “l’Alliance Pacifique”, le pôle de libre-échange de l’Amérique Latine.

Le Pérou, le Mexique, la Colombie et le Chili sont les 4 pays ayant mis en place l'Alliance du Pacifique en signant un accord le 28 avril 2011 à Lima.

Le 15 novembre 2013, le Service Economique Régional de l'Ambassade de France à Panama a édité une note relative à entrée du Panama dans l'Alliance du Pacifique.

Pour le Panama, l’entrée dans l’Alliance du Pacifique correspond à une volonté politique de sortir d’un certain isolement et de faire bloc avec des partenaires naturels et complémentaires.

Le Costa Rica candidat à l’intégration dans l’Alliance, le Mexique et la Colombie comptant déjà parmi ses 5 premières relations commerciales, il s’agit d’affirmer une visibilité internationale mettant en valeur l’attractivité du Panama pour les IDE.

Compte tenu de l’ampleur du déficit de son commerce extérieur, c’est un enjeu majeur pour le Panama qui vise aussi maintenant à moderniser ses atouts de plateforme logistique et de services pour en faire un pôle d’excellence capable d’apporter aussi des valeurs ajoutées.

Par ses IDE, la Colombie affirme sa montée en puissance régionale et devient un partenaire stratégique avec notamment le rachat en 2013 des réseaux HSBC et BBVA par Bancolombia et Aval.

Les enjeux pour le Panama de son entrée dans l’Alliance du Pacifique

Pour la presse économique panaméenne qui l’assimile à la 6e économie mondiale, l’Alliance du Pacifique présente un potentiel de croissance moyen proche de 4,5% annuels. Ce qui en ferait sur les 10 prochaines années le 4e contributeur à la croissance mondiale derrière la Chine, l’Inde et les Etats Unis.

Panama a déjà des ALE avec le Pérou, le Chili et vient de signer celui avec la Colombie. Le Mexique est déjà un partenaire privilégié mais les négociations d’ALE en cours sont techniquement compliquées avec près de 400 codes douaniers sensibles pour le Panama.

Il apparait d’ores et déjà que malgré l’appel des deux présidents à aboutir rapidement elles ne pourront aboutir avant 2014.

Cette démarche correspond aussi à une volonté politique au plus haut niveau d’intégrer Panama au concert international et s’est traduite par une série d’accords bilatéraux notamment avec l’AELE, le Pérou, Cuba, et la Colombie.

Même si beaucoup de points techniques restent à clarifier pour avoir une bonne vision sur « le prix du ticket d’entrée », ceux-ci ne constitueraient pas forcément un obstacle car la base réglementaire reste les ALE bilatéraux existants. Les initiatives tendant à mutualiser des moyens comme les représentations communes déjà ouvertes dans le monde sont intéressantes. Panama partage aussi l’intérêt à supprimer les visas entre pays de l’Alliance et de mettre en place des bourses d’études.

Pour le Panama, l’Alliance ne doit pas accueillir trop de membres et doit rester limitée à des pays qui partagent les mêmes valeurs. En effet, le triomphe de l’Alliance c’est l’accord politique au niveau des chefs d’États, ce qui incite à maintenir un nombre limité de membres. Ainsi la voie la plus ouverte à un élargissement parait concerner le statut de pays observateur.

Plus qu’un bénéfice en termes de commerce extérieur, l’entrée dans l’Alliance constitue un enjeu politique cohérent avec l’affirmation de la visibilité internationale du Panama, l’attraction des IDE et la facilitation du recrutement à l’étranger, déjà en oeuvre, d’une main d’oeuvre qualifiée. Cela constitue aussi une opportunité d’intégrer une organisation bien assise sur des ALE bilatéraux entre tous ses membres, réunie autour d’objectifs concrets et en nombre limité, dont les infrastructures portuaires au nord (Mexique) et au sud (Chili et Pérou) peuvent bien s’articuler avec celles du Panama. Ce groupe politiquement soudé pourrait aussi présenter un avantage pour peser le moment venu dans de futures négociations commerciales « transpacifiques » que certains pensent inéluctables à moyen terme.

Les importations du Panama en provenance des pays de l’Alliance du Pacifique (hors zone franche de Colón et hors bateaux)

Les importations du Panama en 2012 s’élèvent à 12,4 Md USD qui proviennent à 14% des pays de l’Alliance du Pacifique plus le Costa Rica candidat à l’intégration, à 24% des Etats Unis, à 8% de l’Union Européenne et à 54% du reste du Monde. Toutes proportions gardées, l’Alliance du Pacifique représente un fournisseur pour le Panama de la même importance que le sont l’Espagne et l’Italie réunis pour la France, laquelle importe environ 60% en provenance de l’ensemble de l’Union Européenne. Il convient toutefois de constater que les importations du Panama en provenance de l’Alliance du Pacifique plus le Costa Rica progressent de +40% en 2 ans, au même rythme que les importations globales du Panama (+38%) ou de celles en provenance du reste du monde (+43%).

Dans ce contexte, les parts de marchés des Etats Unis se tassent (+18%) alors que celles de l’Union Européenne se dynamisent avec une progression de +74% mais dans des volumes encore faibles. La France suit modestement cette dynamique avec une progression de +58% en 2 ans et reste le 20e fournisseur du Panama.

Les importations du Panama en provenance de ses probables futurs partenaires de l’Alliance du Pacifique sont marquées par la position de tête du Costa Rica grâce à sa proximité géographique avec 33%, suivi par le Mexique à 32% et la Colombie avec 25%. Ces pays sont les 3e, 4e et 5e fournisseurs du Panama derrière les USA et la Chine.

Les exportations du Chili et du Pérou restent marginales avec seulement 4% et 6%.

On peut toutefois noter que les exportations du Mexique et de la Colombie dépassent la progression moyenne de celles de l’Alliance (+42% et +43 %) alors que celles du Costa Rica et du Chili se tassent (+30% et +34%). Celles du Pérou s’accélèrent avec une progression de +117% en 2 ans.

La différence de 2% entre la progression des importations en provenance de l’Alliance du Pacifique et celles des importations globales du Panama reste trop ténue pour faire apparaître un quelconque dynamisme particulier.

Les exportations du Panama vers les pays de l’Alliance du Pacifique

Les exportations du Panama s’élèvent en 2012 à 806 M USD. Soit seulement, en valeur, 6,5% des importations. Ce qui induit un déficit 2012 du commerce extérieur du Panama de 11,6 Md USD.

Les pays de l’Alliance du Pacifique avec le Costa Rica reçoivent 10% des exportations panaméennes, les Etats Unis 20%, l’Union Européenne 22% et le reste du monde 48%.

Les exportations vers l’Alliance du Pacifique plus le Costa Rica ont augmenté de +10% en 2 ans en deçà de la progression moyenne du Panama, +13%. Les exportations vers l’Union Européenne (+13%) suivent cette moyenne, celles vers les Etats Unis se contractent (-23%) et celles vers le reste du monde se dynamisent fortement (+43%).

Le Costa Rica est un client privilégié, le 3e après les Etats Unis et le Canada. Il reçoit 69% des exportations du Panama vers l’Alliance du Pacifique élargie, loin devant le Chili 9%, la Colombie 11%, le Mexique 6% et le Pérou 5%.

La progression des exportations vers le Costa Rica (+10%) ont suivi celle de l’Alliance élargie alors que vers le Mexique elles se tassent (+2%) et se contractent vers la Colombie (-13%). La progression vers le Chili se dynamise (+19%) et s’accélèrent vers le Pérou (+157%).

Les IDE au Panama en provenance des pays de l’Alliance du Pacifique

Dans un tel contexte de déficit du commerce extérieur qui se traduit par un fort déficit des paiements courants, les flux d’Investissements Directs Etrangers (IDE) revêtent une importance particulière. Après avoir pratiquement doublé en 2010, les flux d’IDE continuent de progresser fortement : +16,6% en 2011, +9,6% en 2012 et dépassent les 3 Md USD sur l’année, +18,8% sur les 6 premiers mois de 2013.

Les évolutions de ces flux restent très contrastées d’une année sur l’autre suivant leurs origines. Les IDE européens sont marqués par un recul depuis 2011, comme ceux du Mexique dans une moindre mesure. En revanche, certainement en raison de l’ALE en gestation et entré en vigueur en octobre 2012, les IDE venant des Etats Unis décollent depuis 2011.

Dans l’attente de la publication officielle des données, les informations recueillies auprès du Ministère du Commerce et de l’Industrie tendent à confirmer cette tendance pour 2012 et 2013. L’ALE avec les USA s’accompagnant également de coopération dans le domaine douanier. Une remontée des échanges commerciaux entre les 2 pays semble ainsi engagée.

La nette augmentation des IDE en provenance de Colombie depuis 2011 confirme la montée en puissance de celle-ci dans la région. Les investissements colombiens se sont notamment concrétisés en 2013 avec le rachat du réseau HSBC par Bancolombia pour un montant de 2,1 Md USD au comptant, soit plus que le stock colombien d’IDE antérieurs à 2012. Le réseau de BBVA au Panama a également été repris par un autre Colombien : Grupo Aval.

Au-delà de la contribution des IDE à un équilibre de flux financiers, Panama souhaite maintenant les attirer en direction non pas tant d’une diversification de son économie que vers la modernisation de ses points forts, son infrastructure logistique et de services, en visant l’excellence. Pour la logistique, il s’agit de dépasser le simple transit de marchandises et d’apporter des plus-values notamment en termes de services rajoutés : maintenance, gestion dynamique des stocks, ...

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La future entrée du Panama dans l’Alliance du Pacifique s’inscrit dans le cadre d’une volonté politique d’affirmation internationale du pays visant en particulier à confirmer son attractivité pour les IDE.

Patrick HERVE

Source : Ambassade de France à Panama