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Revue de Presse Economie Française – Réduction du déficit : la France dit non à la Commission européenne – Le Point.fr le 15 avril 2015.

Réduction du déficit - La France dit NON à la commission européenne - Revue de Presse Vivre-au-panama.com (1)

Si le retour de la croissance devrait permettre de réduire le déficit sous 3 % en 2017, Michel Sapin refuse clairement les efforts demandés par Bruxelles.

Mardi au Parlement européen, Pierre Moscovici et son collègue letton Valdis Dombrovskis étaient venus s'expliquer devant les députés de la commission économique et monétaire sur la gouvernance économique européenne et budgétaire de l'Union européenne.

Mais les deux commissaires ont en réalité été interpellés quasi exclusivement sur deux sujets : la Grèce et... le respect de ses engagements budgétaires par la France. Après le nouveau délai de deux ans accordé à Paris pour ramener ses déficits à 3 % du PIB en 2017, nombreux sont les élus qui accusent la seconde économie de la zone euro d'avoir bénéficié d'un passe-droit.

Soupçonné d'être trop indulgent à l'égard de son pays d'origine, l'ancien ministre français de l'Économie a dû s'employer à justifier la position de l'institution. "La recommandation que nous avons prise à l'unanimité de la Commission est équilibrée, elle n'est pas indulgente : la France doit faire plus en 2015, la France doit faire un effort structurel en 2016 et 2017", a-t-il martelé face à la pugnacité de certains députés. "Les efforts de consolidation budgétaire devraient être poursuivis à un niveau soutenu en 2016 et 2017 pour parvenir à l'objectif nouveau que nous lui avons fixé."

Réduction du déficit - La France dit NON à la commission européenne - Revue de Presse Vivre-au-panama.com (2)Sapin contredit Moscovici

Mercredi, son successeur au ministère français des Finances lui a clairement répondu non, lors de la présentation à la presse de la nouvelle trajectoire budgétaire actualisée, qui sera envoyée à Bruxelles en mai (le "programme de stabilité").

Michel Sapin compte essentiellement sur le retour de la croissance pour réduire ses déficits et n'entend pas augmenter les impôts ou tailler dans les dépenses au-delà de son plan de 50 milliards d'économies pour réduire son "déficit structurel", celui qui ne dépend pas de la conjoncture économique. Alors que la Commission lui demande une réduction structurelle de son déficit de 0,8 point en 2016 et de 0,9 point en 2017, Bercy prévoit tout juste de parvenir à 0,5 point.

Et encore. Les experts français sont parvenus à afficher ce minimum requis par les traités grâce à un bidouillage technique : ils ont surestimé la croissance que la France est capable de dégager durablement ("la croissance potentielle"). En clair, Paris gonfle artificiellement ses efforts de réduction pérenne du déficit et minore l'effet mécanique du retour de la croissance. Le lièvre a aussitôt été levé par le Haut Conseil des finances publiques, dans son avis publié mercredi matin.

Bras de fer à venir

La France se prépare donc clairement à un bras de fer avec Bruxelles. Et justifie sa position par la crainte de casser la reprise en cas de réduction trop forte des dépenses publiques : "Après avoir analysé les conséquences de l'application stricte de certains aspects de la recommandation de la Commission (...) cela aurait fait chuter la croissance et augmenter le chômage", se défend Michel Sapin qui va tout de même trouver 6 milliards d'économies nouvelles en 2016 à cause de la faiblesse de l'inflation.

Pour le ministre, "une autre voie est possible, le débat est parfaitement légitime, nous le porterons". Il faut dire que les règles européennes lui sont plutôt favorables : lorsque les objectifs de réduction de déficits sont respectés par un pays, celui-ci ne peut pas être sanctionné pour efforts structurels insuffisants. "La Commission ne rentre sous le capot que si la voiture ne roule pas à la bonne vitesse", résume Michel Sapin.

Des arguments solides

Réduction du déficit - La France dit NON à la commission européenne - Revue de Presse Vivre-au-panama.com (4)Or, Paris a tout fait pour que sa vitesse de réduction du déficit soit jugée crédible à Bruxelles. Les hypothèses de croissance (1 % en 2015 puis 1,5 % en 2016 et 2017) et d'inflation ont été révisées à la baisse par rapport à la loi de programmation des finances publiques votée il y a quelques mois à peine. Si bien que le Haut Conseil des finances publiques les juge désormais "prudentes" pour 2015, 2016 et 2017. Une première. "Cela ne veut pas dire que ce sera facile, il y aura des discussions. Mais nous les avons préparées par des contacts bilatéraux", explique-t-on de source proche du dossier à Paris.

Vendredi, une source bruxelloise déconseillait pourtant au gouvernement de se contenter d'une réduction du déficit structurel de 0,5 %. Mais au bout du compte, la France devrait obtenir gain de cause, en mettant, une fois de plus, ses partenaires devant le fait accompli.

Par Marc VIGNAUD Source : Le Point.fr