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Revue de Presse – L’essor économique du Panama attire les banquiers suisses – Par “Le Temps” Finance – Article d’Alexis Masciarelli

Une vague de gérants de fortune indépendants suisses arrive dans le pays d'Amérique latine. PKB vient d'installer une antenne.

La ville de Panama est en passe de devenir le Manhattan-sur-Pacifique

Mercredi 17 octobre 2012 - Journal "Le Temps" rubrique Finance par Alexis Masciarelli.

Le Panama, avec ses incitations fiscales, attire beaucoup de monde ces temps-ci: des multinationales, des retraités en quête de soleil, et des investisseurs cherchant des opportunités, notamment dans la bulle immobilière de la capitale qui lui donne des airs de Manhattan-sur-Pacifique.

Dernier arrivé de marque: PKB. C’est la première banque privée suisse à ouvrir un «banking centre» à Panama City. Ses dirigeants attendant l’obtention de toutes leurs licences pour commencer officiellement leur activité. UBS a bien également une représentation ici, mais c’est essentiellement un tremplin pour attirer des clients vers la Suisse. L’arrivée au Panama de PKB, avec des cadres suisses, intervient dans la logique inverse qui voit les avoirs et le savoir-faire bancaire suisses partir à l’étranger.

«Ils partent parce que la Suisse s’est tiré une balle dans le pied en voulant changer trop rapidement les règles sur l’argent propre», estime Giuseppe a Marca, le patron suisse de GAM & Partners, spécialisé dans la gestion de patrimoines familiaux supérieurs à 50 millions de dollars et installé à Panama City depuis un an. «Pour beaucoup de ceux qui veulent quitter la Suisse, c’est plus facile d’aller à Londres, à Miami ou même à Singapour, poursuit cet ancien d’UBS et de Credit Suisse. Il y a aussi du mouvement au Panama, mais il faut aimer l’exotisme.»

Ce mouvement est parti pour durer, selon un autre gérant de fortune suisse, qui a facilement obtenu la résidence panaméenne voilà deux ans. Il a tiré avantage d’une loi offrant un visa de résident à quiconque achète un bien immobilier d’au moins 300 000 dollars dans le pays. Sous couvert d’anonymat, il considère le Panama comme sa sortie de secours. «Je ne veux pas arriver au jour où l’on me demandera en Suisse de dénoncer mes clients dont l’argent n’est pas déclaré. Aujourd’hui, les autorités de contrôle veulent tout savoir. Elles peuvent me demander quelle était la couleur du string de la grand-mère de mon client, alors qu’il n’y avait pas encore de strings à l’époque de la grand-mère!» Mais pourquoi avoir choisi le Panama? «Parce qu’au Panama, je pourrai travailler en liberté. Je n’y paie ni impôt sur la fortune, ni impôt sur mes revenus à l’étranger. Mais attention, ce n’est pas un paradis fiscal artificiel tel que l’on peut s’imaginer une île des Caraïbes. Il y a une économie derrière, même si elle a beaucoup de défauts.

Si on vient au Panama et que l’on est un tant soit peu entrepreneur, il y a tellement à faire. Dans dix ans, s’ils font les choses correctement, ils seront le Hongkong de l’Amérique latine.»

En 2011, la croissance économique s’y est chiffrée à 10,6%, la plus forte de toute l’Amérique latine. Pour cette année, le Fonds monétaire international vient de réviser ses prévisions à la hausse, tablant sur une croissance de 8,5%. Un boom économique très étroitement lié au canal, dont le Panama a pris le contrôle en 2000, des mains des Etats-Unis. Quelque 4% du commerce mondial passe par ses écluses. L’an dernier, ce trafic a apporté 1 milliard de dollars dans les caisses de l’Etat.

C’est sur ce terreau fertile que s’implantent de nombreuses multinationales. Procter & Gamble, Total ou Sanofi y ont récemment établi leurs sièges régionaux, profitant d’une loi votée en 2007, offrant d’importants avantages fiscaux. «Je me suis inspiré de ce que faisait Singapour: les objectifs principaux étaient de créer des emplois et de faire venir du savoir-faire dans le pays», explique Eduardo Morgan Jr, puissant avocat fiscaliste et un des auteurs du texte de loi. Les sociétés qui s’installent ici ne paient pas de taxe sur leurs activités réalisées à l’étranger, elles ne paient pas de charges sociales pour leurs expatriés et ces derniers sont exempts d’impôt sur le revenu. «On a choisi le Panama pour sa situation géographique centrale, pour sa sécurité, pour la compagnie ­aérienne Copa qui a des vols quotidiens vers tous les pays du continent et, ce qui a vraiment fait la différence, ce package fiscal très attractif», reconnaît John Guttery, président pour l’Amérique latine de Hilti, une entreprise liechtensteinoise d’outillage pour la construction, qui a abandonné son siège régional aux Etats-Unis en 2010.

Depuis le début de l’année, plus de 260 000 emplois ont été créés, selon le Ministère panaméen du travail. Loin d’être négligeable dans un pays de 3,5 millions d’habitants, surtout en Amérique centrale, où les difficultés économiques s’ajoutent souvent aux violences liées à la drogue.

Malgré cela, certains condamnent l’attitude autoritaire du président Ricardo Martinelli, élu en 2009. Ils l’accusent de gérer le pays en ne pensant qu’à court terme, en gonflant artificiellement la croissance avec une série de projets de construction «pharaoniques». «Beaucoup de gens au gouvernement ont perdu la notion de conflit d’intérêts», s’inquiète un directeur de banque ­panaméen. «On attribue des chantiers à droite, à gauche, avec d’énormes commissions, en toute impunité. Tant que des emplois sont créés, les gens se taisent. C’est notre mentalité mercantiliste. Mais quand on va passer de 10 à 5% de croissance, cela aura l’effet d’une récession. Tout le pays risque de souffrir.»

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