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Revue de Presse – Panama : Oh ! isthme ! – Libération le 5 septembre 2014.

Revue Presse - Panama Oh Ithme - Liberation septembre 2014 - Actualité Vivre-au-panama.com (1)

Reportage - A la jonction des océans Atlantique et Pacifique, ce cordon de terre découvert par un conquistador a vu Français, Américains et surtout Indiens s’escrimer à creuser un canal à travers une jungle luxuriante.

Un coq perché à la pointe d’un obélisque, fièrement campé sur ses pattes, la crête dressée, déployant sa queue comme une bannière… Dans son dos, l’océan Pacifique parsemé de cargos ; à ses pieds, le Casco Viejo, le quartier historique de la ville de Panamá, il y a peu encore malfamé et décati mais qui désormais, un échafaudage chassant l’autre, s’embellit et s’embourgeoise sans mollir. Un tout petit quartier formé par une poignée de rues se coupant à angles droits, où le baroque côtoie sans façon le néoclassique ou l’art déco. Les siècles passés nous font de l’œil, on est sur le point de s’abandonner à la nostalgie quand quelques enseignes telles Forever Yogurt ou Veggie Moon placées au-dessus de toutes nouvelles vitrines nous réveillent brutalement. Nous sommes bien au XXIe siècle.

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Un affluent du Rio Chagres, à remonter en pirogue pour rejoindre le village des Embera. Photo Vanessa Chambard.

Poulet. Mais revenons à notre coq sur son obélisque. Devant lui, le patriote français s’émeut. Se pourrait-il que le gallinacé fut gaulois ? Eh bien oui ! Ainsi l’ont voulu les Panaméens pour exprimer leur gratitude à l’égard des Français venus, en 1880, creuser un canal interocéanique. Certes, ils ne l’ont jamais terminé, laissant cette tâche aux Américains, mais comme on dit, c’est l’intention qui compte. Et puis, ils avaient quand même beaucoup creusé avant de jeter la pelle.

Faut-il dater de cette époque l’amour irraisonné des autochtones pour le poulet sous toutes ses formes - grillé, frit ou en ragoût ?

Mention spéciale pour le sancocho, une soupe dans laquelle le poulet enrôlé pour tenir le rôle principal barbote en compagnie de deux comparses, le maïs et l’igname. Vous n’avez là rien de moins que le plat national à avaler avec un bol de riz et en buvant une bière fraîche, une Balboa par exemple.

Visionnaire. Balboa justement. Avant d’être une marque de bière, ce fut un conquistador auréolé de gloire pour avoir été le premier - à l’exception des Indiens - à traverser l’isthme en partant de la côte caraïbe.

Parvenu au terme de son expédition le 29 septembre 1513, il découvrit une nouvelle mer, l’océan Pacifique, qu’il baptisa mer du Sud.

Dans le village des Indiens Emberá, en lisière du parc national Chagres. Photo Vanessa Chambard

Dans le village des Indiens Emberá, en lisière du parc national Chagres. Photo Vanessa Chambard

Bien entendu, il s’empressa d’en prendre possession au nom du roi d’Espagne après avoir assassiné quelques indigènes récalcitrants. Ce qui ne lui porta pas chance : Vasco Núñez de Balboa fut décapité quatre ans plus tard à l’initiative de collègues envieux. Quant aux Indiens, eux aussi connurent un triste sort puisqu’on estime que 90% de la population fut décimée (maltraitance ou maladies) en une cinquantaine d’années.

La découverte de Balboa était évidemment du genre à donner des idées. Dès 1534, Charles Quint (archiduc d’Autriche et prince des Espagnes) se dit qu’à travers un si fin cordon de terre, il devait être possible de créer une voie maritime reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Un visionnaire ! Beaucoup plus tard, au milieu du XIXe siècle, les Américains envisagèrent sérieusement de percer un passage afin de rejoindre rapidement les territoires de l’ouest des Etats-Unis, encore difficilement accessibles par voie terrestre.

C’était sans compter sur les Français, et en particulier Ferdinand de Lesseps, qui avait démontré à Suez qu’il savait construire un canal. Cette fois cependant, c’est l’échec. Les travaux sont abandonnés en 1889. En neuf ans, 22 000 travailleurs ont péri, la plupart victimes de la malaria et de la fièvre jaune. Repris par les Américains, le canal, long de 80 km, est finalement mis en service le 15 août 1914.

Le jour de ses 100 ans, il était prévu d’inaugurer de nouvelles écluses pouvant accueillir une autre classe de navires. Mais rien ne se passant jamais comme prévu avec ce canal, les travaux ont pris du retard. Les pélicans, volatiles contemplatifs qui aiment à regarder passer les porte-conteneurs, devront attendre encore un peu pour voir cheminer des bateaux classés Post-Panamax aux coquettes mensurations (366 mètres de long et 55 de large), pouvant transporter jusqu’à 10 000 conteneurs. La remarque vaut aussi pour les touristes qui se postent à l’affût aux écluses de Gatún et de Miraflores pour admirer ce paysage sans pareil. En ce mois de juillet, on plaint les 30 000 travailleurs qui s’échinent six jours sur sept pour mener à bien le chantier.

Un singe tamarin. Photo Vanessa Chambard

Un singe tamarin. Photo Vanessa Chambard

Sarabande. Aujourd’hui, neuf heures suffisent aux navires pour aller d’un océan à l’autre alors qu’un passage via le cap Horn réclamerait vingt-sept jours de navigation. Le choix est vite fait. Neuf heures à filer en douceur au milieu de la jungle dont la proximité surprend.

Par endroits, il a fallu tailler dedans, puis éventrer sa terre rouge sang afin de construire les nouveaux aménagements. «Même pas mal», semble dire celle qui couvre encore plus de 60% de la superficie du pays et en constitue le plus beau joyau. Sur les bords du Río Chagres, à quelques encablures du canal, les singes hurleurs mènent la sarabande dans les frondaisons. Ces maîtres en acrobaties aériennes, de corpulence très modeste, épatent la galerie quand ils donnent de la voix. En leur présence, le jaguar lui-même ne se risquerait pas à rugir de peur de s’attirer les quolibets. Plus silencieux, le caïman, tapi à fleur d’eau, compte toujours sur la maladresse d’un quadrupède pour se payer un casse-croûte sans se fatiguer.

A l’abri des regards, au-dessus de la canopée, les toucans observent la scène.

Les Emberá ont fui la jungle Darién, infiltrée par les Farc. Photo Vanessa Chambard

Les Emberá ont fui la jungle Darién, infiltrée par les Farc. Photo Vanessa Chambard

En remontant le fleuve puis l’un de ses affluents en pirogue, on parvient à un village édifié par des Emberá. Ces Indiens ont fui la jungle de Darién infiltrée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie pour trouver ici, en lisière du parc national Chagres, de meilleures conditions de vie.

Se peignant toujours le corps avec l’extrait d’un fruit nommé jagua, ils essayent tant bien que mal de préserver leurs traditions en accueillant des touristes. Un défi pas moins difficile à relever que celui de Ferdinand de Lesseps quand il entreprit de créer le canal de Panamá.

Pratique

Y aller

Air France assure chaque semaine trois vols directs (d’une durée de 11 heures) entre Paris et Panamá, les lundi, jeudi et samedi (à partir de 853 € en classe économique).

Kuoni (qui a organisé le voyage au cours duquel ce reportage a été réalisé) propose de découvrir le Panamá en visitant au préalable le Costa Rica et le Nicaragua. Circuit «Trio de Fuego». www.kuoni.fr

Y dormir

Au cœur du Casco Viejo, le quartier historique de Panamá, l’American Trade Hotel, superbe hôtel de style colonial, a été récemment rénové avec raffinement. En savoir plus sur l'Américan Trade Hotel >>

A trente minutes de la capitale, le Gamboa Rainbow Resort est un grand complexe niché dans la jungle, au bord du fleuve Chagres et à quelques encablures du canal. En savoir plus sur Gamboa Rainforest Resort >>

Y manger

Au Tantalo, dans le Casco Viejo. Prenez un verre au bar installé sur le toit terrasse, puis descendez dans la salle pour vous régaler de quelques plats à partager entre convives. En savoir plus sur le Tantalo >>

Au marché aux poissons. A l’étage, au-dessus des étals, on peut manger la pêche du jour dans une ambiance de cantoche.

Au Trapiche, dans le quartier El Cangrejo de Panamá, renommé pour son sancocho, la soupe de poulet.

A la Casa Blanca, dans le Casco Viejo, un restaurant chic avec terrasse se déployant sur la place Bolivar. Très classique.

Michel  FONOVICH Envoyé spécial au Panamá

Source : Libération