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Revue de Presse – Les voeux de Serge Dassault – Le Figaro le 2 janvier 2015.

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Serge Dassault, président du groupe Figaro, vous présente ses vœux pour 2015.

Chères lectrices, chers lecteurs, Oublions vite l'année 2014 ! Pour la France, son économie et ses finances publiques, elle aura été tout simplement calamiteuse. Croissance en berne (0,4 % au lieu du 0,9 % annoncé) ; déficits en hausse (4,1 % du PIB au lieu des 3,6 % promis) ; dette publique galopante (elle a pulvérisé la barre symbolique des 2 000 milliards d'euros et passera bientôt celle des 100 % du PIB)… Alors que le chômage bat chaque mois un nouveau record «historique» , ces quelques chiffres démontrent sans appel la gravité de la situation: notre pays continue de glisser - de plus en plus vite - sur la pente du déclin économique.

Et pourtant, comme chaque année à pareille époque, voici que l'on nous explique que la France ne va pas si mal et qu'avec un peu de patience les choses vont s'arranger… Cet optimisme de façade, ces pronostics à l'encre rose régulièrement démentis par les faits ne sont pas seulement inutiles, ils sont suicidaires. En entretenant les Français dans l'illusion qu'un redressement sans effort est possible, ils rendent plus difficile encore la mise en œuvre des quelques réformes qui, seules, pourraient sauver nos finances du désastre.

La vérité, même si elle ne fait pas plaisir à entendre, est qu'à politique économique inchangée nous n'atteindrons jamais le maigre objectif de 1 % de croissance inscrit au budget 2015. Le déficit budgétaire, qui devait être ramené à 3 % en 2013, puis en 2015, dépassera finalement cette année, et de loin, les 4,3 % votés par le Parlement. Notre dette publique s'alourdira encore dramatiquement de 75 milliards d'euros. Et le chômage continuera d'augmenter, sans que le pacte de responsabilité ni le CICE aient plus d'effets que cautères sur une jambe de bois.

La vérité est que le gouvernement serait bien inspiré d'entendre enfin les cris d'alarme de la Cour des comptes et les sages conseils de son président, Didier Migaud, mais aussi les avertissements de plus en plus pressants de la Commission européenne ou les observations toujours plus sévères des agences de notation qui nous dégradent les unes après les autres.

La vérité est que l'heure est si grave, l'urgence économique si pressante, que la majorité, plutôt que de multiplier les manœuvres de diversion sur le mariage pour tous, les rythmes scolaires, la réforme territoriale et maintenant la fin de vie, devrait se poser une seule et unique question: que faut-il faire pour revenir à l'équilibre budgétaire (non pas 3 % de déficit mais 0 %, si l'on veut stopper la dette) pour relancer la croissance et faire reculer le chômage ? Car tout se tient.

Il faut réduire à la fois les dépenses publiques et les impôts

La réponse ? Elle tient en peu de mots, mais elle exige du courage et de l'audace: il faut réduire à la fois les dépenses publiques ET les impôts. Tailler dans les dépenses de fonctionnement dont la progression vertigineuse nourrit, via les déficits, la spirale de l'endettement. Et sabrer dans le même temps dans la fiscalité dont le niveau ahurissant décourage l'initiative et étouffe l'activité.

Sur la dérive de nos finances publiques, tout a été dit depuis fort longtemps, par la Cour des comptes notamment. La France, chacun le sait, étouffe sous le poids de son État-providence qui se retourne, in fine, contre ceux qu'il est censé protéger. Ne manque, pour soigner le mal, qu'un peu de courage politique, et quelques règles pour administrer le traitement. En voici deux qui relèvent du pur bon sens.

Tout d'abord, il conviendrait que l'État, comme toutes les entreprises convenablement gérées, ne puisse plus recourir à l'emprunt pour financer ses dépenses de fonctionnement. Imaginons un ménage qui demanderait chaque mois à son banquier de financer ses achats alimentaires au supermarché : il serait rapidement interdit bancaire et renvoyé devant la commission du surendettement ! C'est pourtant très exactement ce que fait l'État quand il emprunte des milliards dans le seul but de payer les salaires ou les retraites de ses fonctionnaires ! En bonne logique, un emprunt n'est justifié que s'il est destiné à financer un investissement dont le produit permettra de couvrir le remboursement de l'emprunt et les frais financiers, sinon, ce n'est plus un emprunt, c'est de la cavalerie ! Les collectivités territoriales sont soumises à une telle obligation. Il est urgent que l'État le soit aussi.

Ensuite, l'État ne devrait plus pouvoir exonérer de charges ou d'impôts certaines entreprises ou certains individus. Ce système des niches sociales ou fiscales est évidemment très populaire. Applaudissements garantis ! L'ennui est que, si la recette disparaît, la dépense, elle, demeure : les allégements de charges consentis aux entreprises pour «compenser» le passage aux 35 heures coûtent ainsi 21 milliards par an à la collectivité ; la gratuité de l'aide médicale aux étrangers en situation irrégulière, un milliard ; la prime pour l'emploi, 2,5 milliards, la TVA réduite pour la restauration, 3 milliards ; les contrats d'avenir, 3,5 milliards… etc. etc. Cette générosité à crédit, financée encore et toujours par de la dette, semble n'inquiéter personne, et pourtant elle nous mène tout droit à la faillite.

Un matraquage poussé jusqu'aux limites de l'absurde

S'agissant de la fiscalité, il semblerait qu'en poussant le matraquage jusqu'aux limites de l'absurde, les socialistes aient ouvert les yeux des Français. Avec des recettes fiscales inférieures en 2014 de 11,5 milliards par rapport aux prévisions, nul ne peut plus nier que «trop d'impôt tue l'impôt». Longtemps résignés, voici que les citoyens commencent à comprendre que l'excès de prélèvements obligatoires, concentrés sur les revenus les plus élevés, détruit les incitations à travailler, à entreprendre, à épargner, à investir et, finalement, joue contre la croissance et l'emploi de tous.

Il était temps ! On ne dira jamais assez les ravages de l'absurde slogan socialiste «Il faut faire payer les riches». C'est lui qui a inspiré à François Mitterrand l'instauration de l'impôt sur le patrimoine, cette funeste «exception française». C'est lui qui a inspiré à François Hollande la surimposition à 75 % des revenus les plus élevés et l'augmentation folle de la taxation de plus-values. C'est ce slogan, reconnaissons-le, qui a paralysé la droite quand elle n'a pas su ou pas voulu revenir sur les erreurs socialistes. Mais voilà : il n'y a jamais assez de «riches» pour acquitter la facture. Il y en a même de moins en moins, car, quand on les pourchasse, ils quittent le pays ! L'augmentation sans limite des taux d'imposition décourage et pousse à l'expatriation les citoyens les plus imaginatifs, les plus dynamiques et les plus entreprenants : ces seniors dont la réussite professionnelle et matérielle est acquise, ce qui est grave ; mais aussi les jeunes diplômés, qui estiment ne plus avoir d'avenir en France, ce qui est dramatique. Résultat: notre pays se vide par les deux bouts. Mais quand il n'y aura plus en France ni riches susceptibles d'investir et de créer des emplois ni jeunes qui ambitionnent de devenir riches un jour, qui restera-t-il ? Les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs ? C'est la raison pour laquelle il ne faut pas se contenter de ne plus augmenter les impôts. Il faut les diminuer.

Faire preuve d'audace

Baisser les impôts ? C'est possible ! D'autres l'ont fait. Chacun garde en mémoire l'extraordinaire réussite de Margaret Thatcher et Ronald Reagan à l'aube des années quatre-vingt. L'une et l'autre inaugurèrent leur mandat par une baisse massive des prélèvements sur les particuliers et les entreprises. L'une et l'autre en récoltèrent rapidement les fruits : le surcroît d'activité, causé par le boom de l'investissement et de la consommation, se traduisit bientôt par un rebond de l'emploi dans les deux pays. Au total, les pertes de recettes initiales furent plus que compensées par des recettes nouvelles. En Australie, Paul Keating et John Howard, hommes de gauche éclairés, ont mené la même politique - avec le même succès. En Nouvelle-Zélande, c'est un gouvernement travailliste qui, à l'initiative de Roger Douglas, a diminué de moitié le taux maximal de l'impôt… et réduit de moitié le chômage dans le même temps ! Voilà quelques modèles dont nos gouvernants - et les responsables de l'opposition - devraient s'inspirer.

Mais si l'on veut vraiment redresser ce pays, le rendre réellement dynamique et attractif, il faudra faire preuve de davantage d'audace et opter résolument pour un impôt moderne, universel, proportionnel, simple et efficace: la flat tax - taxe plate - dont le taux unique, ou quasi unique, s'appliquerait à tous, et qui serait prélevée à la source de surcroît.

Dans un pays où plus d'un citoyen sur deux n'acquitte pas d'impôt direct, où la progressivité de l'impôt sur le revenu est une sorte de dogme, certains crieront à l'impossibilité. Rien n'est plus faux, car la flat tax existe déjà: c'est la CSG ! Assise sur tous les revenus sans exception, soumise à un taux unique de 7,5 %, elle rapporte chaque année - sans drame ni protestations - 85 milliards aux caisses de l'État - soit 16 milliards de plus que le produit total de l'impôt progressif sur le revenu !

Justice fiscale

Bien sûr, dans les nombreux États où l'impôt proportionnel est déjà en vigueur (une quarantaine dans le monde, dont cinq membres de l'UE, mais aussi la Russie et des États importants des États-Unis), le système connaît quelques variantes. En France, pour ne pas pénaliser les ménages les plus modestes, on pourrait aisément instituer un taux «superminoré» de 2 % pour les revenus les plus faibles (moins de 1200 euros par mois), un taux «minoré» de 5 % pour les revenus compris entre 1200 et 2000 euros par mois et un taux «normal» de 10 % pour tous les autres revenus, qui sont déjà soumis à 10 % et plus d'impôts. Un tel barème ferait rentrer 100 milliards par an dans les caisses de l'État, et même 150 si l'on prend en compte la suppression des principales niches fiscales et sociales, dont les 21 milliards d'aides aux entreprises. De quoi supprimer immédiatement l'ISF, la taxation des plus-values et l'impôt sur les successions… et en finir aussitôt avec l'exode de nos talents.

La justice fiscale y trouverait son compte, puisque l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose le principe d'une contribution «répartie entre tous les citoyens, à raison de leurs facultés». Et aussi la justice sociale, puisque les contribuables les moins aisés paieraient proportionnellement moins que les autres. Mais c'est surtout l'efficacité économique de notre pays qui y gagnerait, avec, à l'arrivée, plus de croissance et moins de dette pour la France, et plus d'emplois pour les Français - à condition, bien sûr, que l'on n'oublie pas au passage la flexibilité du travail qui, n'en déplaise aux syndicats, est l'autre clef pour en finir avec le chômage…

Voilà ce que François Hollande devrait faire sans attendre s'il veut, comme il en rêve, relancer la croissance et l'emploi, revenir à l'équilibre budgétaire et briser la spirale de la dette. Le président espère réussir dans la durée, mais ne prend aucune des bonnes décisions qui lui permettraient de redresser la France. Simple, juste et efficace, la taxe proportionnelle à 10, 5 et 2 % que je propose ne présente que des avantages. Le temps presse. François Hollande doit l'appliquer. Maintenant.

Tel est, chères lectrices, chers lecteurs, le vœu ardent qu'en ce début d'année 2015 je forme pour la France. À votre intention et à l'intention de vos familles, je voudrais y ajouter, en mon nom et au nom de tous les journalistes et collaborateurs du groupe Figaro, mes vœux les plus chaleureux de bonheur et de réussite.

Source : Le Figaro