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Revue de Presse : Le risque d’effet domino du référendum britannique en Europe – Contexte.com le 18 mai 2015.

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Et si l’expérience britannique préfigurait ce qui attend les autres pays ? En France, Espagne, Italie ou Allemagne, les velléités de référendum existent aussi, mais les verrous politiques y sont plus forts.

Le 29 mai, le « non » français au traité constitutionnel européen aura 10 ans. Le résultat, autant que la participation massive des électeurs (près de 70 %), font de ce scrutin un jalon de l’Histoire. Les élections européennes, au contraire, mobilisent péniblement un peu plus de 40 % des Français.

À quoi bon glisser le bulletin dans l’urne tous les cinq ans, si les citoyens « ne voient toujours pas comment leur vote aux élections européennes influence le cours des choses », questionne Fernando Mendez, chercheur en sciences politiques à l’université de Zurich. « À l’inverse, ils perçoivent clairement l’impact d’un référendum. »

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Le dilemme britannique s’européanise

En France, l’anniversaire du « non » fait écho à une autre épreuve électorale en préparation de l’autre côté de la Manche.

D’ici 2016 ou 2017, les électeurs britanniques seront les grands arbitres du maintien ou de la sortie du Royaume-Uni dans l’UE. Le gouvernement a d’autant moins de scrupules à solliciter l’arbitrage du peuple, qu’il l’a déjà fait en 1975, lors du tout premier référendum d’envergure nationale dans un Royaume tenté de s’échapper de l’UE deux ans après y être entré.

Quarante ans plus tard, le dilemme reste entier. « L’UE doit changer et il est temps que les Britanniques – non les hommes politiques – aient leur mot à dire », revendiquent les Tories. Un programme qui peut séduire bien au-delà des frontières britanniques.

Accusé de dynamiter un équilibre européen déjà fragile, David Cameron est en réalité confronté à un scénario que d’autres pays européens connaissent bien : profondes divisions d’un parti sur l’Europe, contexte de crise économique, exacerbation des tensions migratoires, montée en puissance des partis contestataires.

« Il va y avoir une demande accrue de référendums, acquiesce Fernando Mendez. Pas tant à cause du Royaume-Uni que de la rupture observée depuis le "petit oui" français au Traité de Maastricht. »

Epée de Damoclès à Athènes

En Grèce, le gouvernement acculé à un mur de dette n’exclut pas de s’en remettre à l’avis de la population en cas de désaccords inextricables avec le FMI et ses bailleurs de fonds européens.

« Si la solution retenue ne rentre pas dans le cadre de mon mandat », a prévenu le premier ministre Alexis Tsipras, elle « devra être approuvée par le peuple grec ».

À Athènes comme à Londres, les gouvernements en place sont pleinement conscients de l’intérêt de rester dans l’UE. Ils assument néanmoins de prendre le risque d’une sortie accidentelle. Une ligne que les autres pays ne se hasardent pas à franchir, même si les pressions intérieures ne manquent pas.

En Allemagne, le contrôle assidu du Bundestag sur l’action d’Angela Merkel à Bruxelles, renforcé en 2013 après le sermon infligé par la Cour de Karlsruhe, n’a pas empêché la percée du mouvement anti-euro incarné par l’AfD (Aleternative pour l’Allemagne), qui dispose désormais de 7 eurodéputés et 44 élus dans les assemblées régionales.

Conséquence de son instrumentalisation par le pouvoir nazi, l’usage du référendum est circonscrit aux enjeux locaux ou dans une situation très exceptionnelle de « restructuration du territoire fédéral ».

Le verrou de la Constitution allemande

En 60 ans de construction européenne, les Allemands n’ont donc jamais été directement consultés, même s’ils ne seraient pas contre. A en croire une étude Ipsos de 2012. 71 % d’entre eux réclameraient de se prononcer sur l’euro, loin devant les Espagnols, les Grecs, les Italiens et les Français.

« Depuis six mois, les choses se calment, l’ambiance est plus positive », tempère Stefan Seidendorf, directeur adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg.

À court terme, les sujets épidermiques pourraient raviver la mèche : décision le 16 juin de la Cour de Justice de l’UE sur les rachats de dette par la BCE et verdict deux semaines plus tard sur la Grèce, lorsqu’expire le plan d’aide déjà prolongé.

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En France et en Italie, une contestation sous contrôle

Du côté de Paris et Rome, le panorama est contrasté. Certes, les électeurs français et italiens refusent d’imputer la crise à la monnaie unique ou aux États les plus vulnérables de l’eurozone (voir sondage Gallup fin 2014). Mais ils sont de plus en plus séduits par les partis contestataires réclamant un référendum sur la sortie de l’euro, comme le FN ou le mouvement 5 étoiles, crédité à plus de 20 % d’intentions de vote par certains sondages, pendant que se profilent les élections dans sept régions italiennes le 31 mai.

Là encore, l’hypothèse d’une consultation semble compromise. La Constitution italienne tend à faciliter le recours aux référendums, puisqu’ils peuvent être déclenchés à la demande de 500 000 électeurs souhaitant abroger une loi en vigueur. Mais les textes ayant permis de ratifier les traités européens en sont exclus.

En France, le problème est politique, la déflagration du « non » de 2005 ayant piégé l’ensemble de la classe politique. Loin de couper court aux divergences qui tiraillent le parti socialiste, elle les a ravivées de plus belle.

En Espagne, des référendums pour sauver l’euro

Les sociaux-démocrates espagnols ne souffrent pas de telles divisions. Ils sont néanmoins mis au défi par les étoiles montantes de Podemos, partisans eux aussi de référendums plus fréquents sur l’UE, mais dans la perspective d’assurer la survie l’euro en démocratisant sa gestion, non en l’abandonnant.

“Les grandes décisions macro-économiques doivent être précédées d’un débat public réel et de référendums contraignants”, indique la formation emmenée par l’eurodéputé Pablo Iglesias.

Dans un pays secoué par les mouvements indépendantistes catalans et basques , « le référendum sur l’Ecosse a un retentissement bien plus fort en Espagne que celui de Cameron sur l’UE », relève José Ignacio Torreblanca, du think tank ECFR à Madrid.

Contagion irlandaise

C’est peut-être du côté du voisin irlandais que la répercussion sera la plus immédiate, à en croire Danny McCoy, patron de l’Ibec, le Medef irlandais.

“Si le Royaume-Uni décide de sortir, il y aura inévitablement un débat en Irlande pour savoir si l’on ne devrait pas faire de même”, a-t-il récemment confié au journal allemand FAZ.

En 2011, le gouvernement britannique s’est inspiré du modèle irlandais, en consacrant l’obligation de tenir un référendum pour toute modification des traités aboutissant à une extension des pouvoirs de l’UE, principalement en matière de politique économique et de sécurité.

Un principe qui a ses limites, puisque le traité budgétaire de mars 2012 , qui durcit le plafond maximum de déficit structurel dans les États, comporte une innovation : il a pu commencer à entrer en vigueur alors que tous les pays ne l’avaient pas encore ratifié.

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Bruxelles continuera de hanter Londres

Quelle que soit l’issue du scrutin, le projet de David Cameron agitera les chancelleries comme les opinions publiques dans les 18 mois à venir. Un coup de poker à hauts risques, qui ne scellera pas la fin des hostilités entre l’UE et l’île.

“Le vote pourra peut-être apaiser les problèmes, mais ils ne disparaîtront pas”, reprend Francesco Mendez, dont les travaux portent sur la démocratie directe.

« Quel est le sujet numéro un en Suisse, pays où de nombreux eurosceptiques conservateurs aimeraient vivre ? La relation avec l’UE, qui elle-même renvoie à la question migratoire. Même si le Royaume-Uni quitte l’UE, Bruxelles continuera de dominer la scène politique britannique. »

Marie Herbert

Source : Contexte.com