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Revue de Presse : Bras de fer pour le Canal de Panama – La Libre Belgique le 4 janvier 2014.

Les travaux d'agrandissement du Canal de Panama font l'objet d'un désaccord financier.

L’existence du Canal de Panama est essentiellement une affaire de chiffres. Son creusement a évité aux navires du monde entier de faire un détour d’une douzaine de milliers de kilomètres par la pointe sud du continent latino-américain. Il traverse l’isthme de Panama sur 77 km. Quelque 27 500 ouvriers sont morts durant sa construction. Depuis quatorze ans qu’il est sous souveraineté panaméenne, il a rapporté plus au pays qu’en quatre-vingt-cinq ans de souveraineté des Etats-Unis sur la zone du canal. Environ 5 % du commerce mondial y passe chaque année et il rapporte environ 5 millions de dollars de recettes par jour.

Mais aujourd’hui, il manque 1,6 milliard de dollars pour compléter son agrandissement et si Panama ne paie pas, le consortium chargé des travaux cessera ceux-ci le 21 janvier, a-t-il dit.

Plus large, plus profond

Alors qu’un million de navires l’avaient déjà traversé en 2009, le gouvernement de Panama avait fait un appel d’offres pour l’élargir et le rendre plus profond, afin qu’il puisse dorénavant également être utilisé par des méganavires transportant jusqu’à trois fois la charge maximum actuelle.

Selon la presse panaméenne de l’époque, les propositions des trois consortiums alors en lice dépassaient toutes (parfois de 35 %) le budget prévu par Panama pour la totalité des travaux, soit 5,25 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros).

Proposition trop basse

Finalement, un des consortiums l’avait emporté : “Grupo Unidos por el Canal” (groupe uni pour le canal, GUPC), conduit par l’entreprise espagnole Sacyr, avec l’italienne Salini Impregilo, la panaméenne Constructora Urbana et la belge Jan De Nul (voir ci-contre). Ce succès semble avoir été remporté en annonçant une somme bien moindre que d’abord avancé – 3,2 milliards de dollars – une somme trop basse pour pouvoir tenir les promesses, ont jugé, depuis lors, divers commentateurs, notamment en Espagne.

Dès le début des travaux, un premier désaccord oppose GUPC aux autorités panaméennes : le type de ciment prévu, estiment celles-ci, ne permettra pas au canal élargi de durer un siècle, comme l’œuvre originale; il faut une qualité supérieure. Ces discussions avaient déjà retardé de quatre mois les travaux, prévus pour être achevés juste cent ans après l’inauguration, en août 2014.

Aujourd’hui, la fin des travaux n’est plus attendue avant 2015.

Chute de l’action Sacyr

Et de désaccord en demande de rallonge jamais honorée, le consortium estime aujourd’hui qu’il lui manque 1,6 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) pour finir les travaux, aux trois quarts achevés, soit 50 % de plus que ce qui était prévu au départ.

“Irresponsable”, juge l’administrateur du canal, soutenu par le chef de l’Etat panaméen, Ricardo Martinelli, qui estime qu’une entreprise “ne devrait pouvoir atteindre un tel montant de dépassement de coût sur un projet” . Le Président a annoncé jeudi qu’il irait en Espagne et en Italie pour obtenir des deux “gouvernements” des garanties sur la poursuite des travaux.

Les deux parties estiment que le contrat qui les lie leur donne raison. GUPC parle de “surcoûts imprévus”, l’administration du canal estime que le consortium veut “uniquement nous contraindre à négocier hors des termes du contrat”.

Alors que l’endettement de Sacyr était trois fois supérieur à sa valeur boursière en septembre, les actions de la société ont chuté à la Bourse de Madrid et GUPC a souligné sa volonté de négocier. Quant à l’administration du canal, elle indiquait qu’elle paierait si les instances prévues par le contrat pour régler les différends entre parties jugeaient la somme réclamée “acceptable” et que, dans le cas contraire, elle espérait que le consortium serait beau joueur et s’exécuterait.

Dans tous les cas, “avec ou sans eux, nous allons achever les travaux” , a dit jeudi l’administrateur du canal.

Le budget pour l’agrandissement vient de fonds propres et de crédits bancaires internationaux.

Sur le seul exercice octobre 2012 – septembre 2013, le canal a rapporté 982 millions de dollars à l’Etat panaméen.

Source : La Libre Belgique